Propositions

Lundi 19 décembre 2005
Tribune de DSK  dans la revue socialiste de  novembre 2005 : "La réponse à la crise du modèle social français : le socialisme de l'émancipation"

http://www.blogdsk.net/dsk/files/DSKTbneRevuesocialiste301105.doc
Par tigrou
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Jeudi 11 mai 2006

Parmi les 15 premières propositions formulées par DSK en janvier 2006 figure en bonne place la question environnementale. Nous jeunes de gauche ne pouvons que partager l'inquiétude que fait planer le réchauffement de la planète, la déforestation et la pollution en général. Les inégalités écologiques allant aujourd'hui de pair avec les inégalités sociales, la gauche doit apporter des réponses. Heureusement que certains y bossent déjà !

Cartoon Art by RJ Matson.

© Cagle Cartoons 2006
RJ Matson, The St. Louis Post Dispatch

Axe n° 3 : le développement durable

 

Proposition 8 : réussir le pari du post-nucléaire

Nous assistons aujourd’hui à une dépendance énergétique accrue. On l’a vu récemment avec le gaz entre la Russie et l’Ukraine ou l’augmentation du prix du pétrole. Nous connaissons les difficultés du nucléaire dans un pays comme le nôtre. Pour y répondre, il faut concentre un effort de recherche massif sur les questions de l’énergie propre. La France a fait dans les années 50 le pari du nucléaire et elle a réussi. Elle doit aujourd’hui faire le pari du post-nucléaire et le réussir.

Proposition 9 : création d’une Cour et d’une Police de l’Environnement

Notre pays connaît une grande opacité sur les politiques environnementales. Les citoyens n’y ont que peu de place.Il faut mettre en place une Cour de l’Environnement et une police de l’environnement. Cette Cour pourra être saisie par les citoyens sur les différents problèmes d’atteinte à l’environnement. Comme la Cour des Comptes, cette Cour rendra des rapports indépendants, des rapports au Parlement, qui permettront d’intégrer le respect des normes environnementales dans les politiques publiques.

 

Proposition 10 : le droit d’ingérence sanitaire

Le problème c’est que la mondialisation facilite la circulation de souches virales difficilement contrôlables. Il faut donc mettre en place un droit d’ingérence sanitaire. Il faut qu’existe au niveau mondial un instrument permettant de gérer ce droit d’ingérence.

Par tigrou
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Lundi 15 mai 2006

 image : www.re-so.net

 

Au moment de la crise du CPE, DSK formulait ses propositions dans une tribune publiée en mars 2006 par le quotidien économique La Tribune.

http://www.blogdsk.net/dsk/files/emploi_des_jeunes_alternative_au_cpe_def.pdf

Par tigrou
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Jeudi 18 mai 2006

Dominique Strauss-Kahn a préconisé un "changement culturel" contre la discrimination, au cours d’un déjeuner-débat organisé mercredi par le groupe PS au Sénat, dans le cadre de la préparation du projet socialiste pour 2007.

Outre M. Strauss-Kahn, une trentaine de députés et sénateurs PS ont participé à ce débat organisé dans le cadre des "mercredis du groupe socialiste du Sénat" sur le thème "ségrégation, discrimination, comment en sortir ?" avec les sociologues Eric Maurin et Georges Felouzis.

Les intervenants ont décrit une situation "totalement explosive" où "les quartiers difficiles concentrent toutes les formes d’inégalité" et qui nécessite une réforme du système scolaire ainsi qu’une ambitieuse politique de création d’emplois.

"Nous avons besoin, nous socialistes, d’un véritable changement de paradigme", a insisté M. Strauss-Kahn qui a plaidé pour "un véritable changement culturel, un projet culturel à proposer au pays". "Il faut sauter l’étape sociale-démocrate, il faut être post social-démocrate, et pour autre chose que ce qui a été construit pendant les 40 dernières années", a-t-il ajouté. Cette rencontre, à l’initiative de Jean-Pierre Bel, président du groupe PS au Sénat, était la deuxième du genre. Ségolène Royal avait participé à la première, qui s’était tenue le 1er mars sur le thème "les socialistes face au capitalisme financier".

 

vu sur socialisme et démocratie

Par tigrou
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Mardi 13 juin 2006

Vu sur dsk2007 : DSK propose un nouveau souffle idéologique au socialisme pour le XXIème siècle.

Constat :

La social-démocratie européenne est en panne. Elle ne sait plus quelles réponses apporter à une question clef de l’identité socialiste : « qu’est-ce qu’une société juste ? »

Elle s’est avérée incapable de lutter efficacement contre les mutations du capitalisme contemporain qui ont profondément creusé les inégalités. Elle ne propose pas de solutions à long terme pour répondre aux enjeux démographiques et aux nouvelles attentes sociales. Elle ne protège plus les citoyens face aux excès du marché.

Pour garantir une société juste, les socialistes français et européens doivent renouveler leur corpus idéologique et élaborer de nouveaux modes d’action adaptés à la réalité économique d’aujourd’hui. Nous devons jeter les fondations d’une social-démocratie moderne. Elle s’incarnera dans une triple vision du socialisme qui aura pour horizon l’Europe.

Selon qu’il naît à Neuilly, Montrouge ou Sarcelles, un enfant ne bénéficiera pas des mêmes chances de réussir. L’ascenseur social français est en panne. Pire, c’est le descenseur social qui est à l’œuvre, faisant craindre que nos enfants ne vivent demain dans un monde plus difficile et plus inégalitaire encore.

Propositions :

 - Le socialisme de la redistribution.

Face au creusement des inégalités, il faut renforcer le socialisme de la redistribution. La capacité redistributive de l’Etat Providence est mise à mal. Pire, notre système renforce les inégalités au lieu de les corriger. Les écarts de revenus disponibles entre les plus aisés et les plus modestes s’accroissent. Il faut donc engager des réformes profondes.

La gauche a longtemps répondu par la seule logique de la redistribution. Le principe en était simple : redistribuer les richesses pour réparer a posteriori les dégâts sociaux causés par le marché. Bien sûr, il nous faut continuer dans la voie de ce socialisme de la redistribution et même le renforcer. Mais cela ne suffit plus. Cela ne suffit plus parce que l’Etat-providence a atteint les limites de ses capacités redistributives. Cela ne suffit plus parce que ce modèle ne prend pas en compte les inégalités de départ dont souffrent les individus. Au contraire, il a tendance à les légitimer, voire à les aggraver. Il nous faut aujourd’hui adapter nos moyens d’action à la réalité d’un capitalisme qui a changé de visage, et d’échelle.

-  Le socialisme de la production.

Nous ne devons plus nous contenter de réparer les dégâts après qu’ils soient apparus. N’ayons pas peur de « mettre les mains dans le cambouis », d’intervenir au sein même du système productif. Il faut attaquer les inégalités là où elle se créent : c’est le socialisme de la production. De nombreuses pistes sont à explorer dans ce sens : la démocratie sociale, la régulation des licenciements économiques, la sécurisation des parcours professionnels, la législation sur les accidents de travail, etc.

-  Le socialisme de l’émancipation.

Le marché n’est pas la seule source des inégalités. Les nouvelles inégalités sont des inégalités de départ, qui dépendent du territoire où l’on naît. Pour renouer avec une réelle égalité des chances, qui doit être le premier combat de tous les socialistes, nous proposons de bâtir un nouveau socialisme : le socialisme de l’émancipation. Il s’agit dorénavant d’agir a priori, d’attaquer les inégalités à la racine, avant même qu’elles ne se créent. Cette lutte est fondée sur un principe simple : il faut donner plus à ceux qui ont moins. Donner plus de capital public à ceux qui ont moins de capital social. C’est un grand retour aux services publics que nous proposons : le socialisme de l’émancipation passe par des réformes novatrices en matière d’éducation, de logement, d’urbanisme, de santé.

Deux conditions sont nécessaires à la mis en œuvre de ces trois socialismes. D’abord, la croissance, parce que c’est avec elle que les Français reprendront confiance dans l’avenir. Ensuite l’Europe, aujourd’hui en panne. Il nous faut la relancer : elle est la seule à avoir la taille suffisante pour peser sur les enjeux contemporains. L’avenir de la France passe par l’Europe.

Socialisme de la redistribution, socialisme de la production, socialisme de l’émancipation : voilà les trois piliers sur lesquels nous voulons bâtir la social-démocratie française. Le réformisme de gauche n’est pas condamné à l’accompagnement social du libéralisme. Il peut et doit être un « réformisme radical ».


Par tigrou
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Jeudi 15 juin 2006

Toujours en direct de dsk2007.net

Constat :

Les nouvelles inégalités sont avant tout territoriales. Le lieu de naissance ou de résidence est devenu peu à peu plus discriminant que la classe sociale.

Notre pays se divise désormais schématiquement en trois types de territoires urbains.

D’un côté, les centre-villes, où se sont « réfugiées » les familles aisées. Ces familles, coupées du reste de la société, habitent dans des quartiers qui concentrent tous les avantages - réseau social, écoles de haut niveau, qualité de l’environnement urbain, sécurité, densité des services publics et des équipements culturels.

A l’opposé, les cités, où sont reléguées les classes populaires, réunissent tous les handicaps : pauvreté, chômage de masse, échec scolaire, concentration des populations immigrées les plus fragilisées, dégradation des logements, faiblesse des équipements publics et désertion des services de proximité, absence de transports publics, insécurité.

Au milieu, les vastes zones péri-urbaines, où résident les classes moyennes. Leurs habitants rêvent de pouvoir rejoindre les territoires aisés mais en sont interdits ou en ont été chassés par la barrière invisible du prix de l’immobilier. Ils craignent à l’inverse d’être rattrapés par les plus pauvres, d’ici et surtout d’ailleurs, qu’ils perçoivent comme une menace pour leur sécurité et la qualité de scolarisation de leurs enfants. Cette menace est ressentie d’autant plus vivement qu’ils peuvent apercevoir les barres HLM, symboles urbains d’exil social, depuis leur lieu de résidence. Prisonnières de cet entre-deux, placées dans une situation instable, aspirant à la promotion sociale mais craignant la relégation, les classes moyennes se sentent oubliées des pouvoirs publics.

Ce cloisonnement géographique qui s’opère entre « nantis », « oubliés », et « exclus », répartis sur des territoires clairement séparés, produit et entretient l’immobilité sociale. Dans un pays où les inégalités sont figées par le territoire d’appartenance, tout semble joué d’avance, le destin de chacun gravé dans son adresse. La République se fragmente, les populations des différents territoires se tournent le dos ou s’observent avec crainte, la France, offrant des conditions trop dissemblables pour être encore capable de rassembler autour d’une espérance ou de valeurs communes, ne fait plus société.

 

Proposition :

LE PRINCIPE

Lutter contre la ségrégation territoriale : c’est la première des priorités si nous voulons bâtir une société juste. La République doit « faire société » à nouveau. Il s’agit tout à la fois de redonner à terme aux territoires en déshérence un cadre de vie offrant au plus près les atouts et attractivité des centre-villes et de permettre une réelle mobilité géographique à l’ensemble de la population.

PREMIER OBJECTIF : INVESTIR MASSIVEMENT DANS LES QUARTIERS POPULAIRES

Les quartiers populaires doivent devenir des quartiers de réussite. Il faut une « discrimination positive territoriale » : « donner plus à ceux qui ont moins », plus de capital public aux quartiers qui ont moins de capital individuel. On doit dépenser plus d’argent par habitant à Vaux-en-Velin qu’à Neuilly, et non le contraire ! Propositions :

-  Refondre la fiscalité locale au profit des quartiers populaires. La fiscalité locale est une « trappe à pauvreté ». Il doit y avoir des communes riches pour les quartiers pauvres. Deux réformes principales : 1/ supprimer la taxe d’habitation, qui est faible dans les quartiers populaires à faibles revenus, et la remplacer par une dotation « démographique » de l’Etat ; 2/ généraliser la taxe professionnelle unique (TPU) par bassin d’emploi, afin que la commune de travail, qui concentre l’ensemble des produits de la taxe, la redistribue aux communes d’habitat, qui hébergent les travailleurs assurant sa richesse.

-  Concentrer la politique de la ville sur les 5% des communes les plus pauvres et financer les services publics locaux : au-delà de la rénovation des barres dégradées, les écoles, les services publics de proximité (sportifs, culturels), les jardins, la voirie, les transports publics, la sécurité...

-  Renforcer les zones d’éducation prioritaires (ZEP).

-  Développer les logements de qualité - zones pavillonnaires et logements intermédiaires.

SECOND OBJECTIF : UNE POLITIQUE DE MIXITE SOCIALE RADICALE DANS LES QUARTIERS FAVORISES

L’ascenseur social est d’abord, aujourd’hui, un « ascenseur territorial ». C’est pourquoi il faut aussi permettre la mobilité territoriale vers les territoires de la réussite. Cela nécessite une politique radicale de mixité sociale.

-  Renforcer les amendes en cas de non-respect des quotas de logements sociaux par les communes (« article 55 loi SRU »).

-  Etendre les quotas de logements sociaux à la promotion immobilière privée. Les moyens publics sont limités. Il est impossible pour une commune de financer seule l’achat ou la construction massifs de logements sociaux dans ses quartiers aisés, où le prix de l’immobilier est très élevé. L’idée est de faire aussi porter cette responsabilité de mixité sociale sur le privé, comme le fait Bertrand Delanoë sur Paris.

-  Etendre les quotas de logements sociaux aux copropriétés existantes. Soit par achat public en « diffus » (préemption d’appartements dans les copropriétés), soit en imposant aux copropriétés privées d’organiser la mixité sociale en leur sein.

-  Interdire les ventes à la découpe.

 

Par tigrou
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Mardi 27 juin 2006

Lu sur dsk2007.net

Constat :

L’Europe est en panne, en quête immobile de son destin.

Depuis les « non » français et néerlandais, qui, au-delà de la réponse à la question référendaire, ont traduit un rejet des gouvernements conservateurs nationaux en place, la perspective d’une Europe politique s’étiole au fil des renoncements et des compromis sans ambition.

Le « Plan B », présenté comme une solution de secours immédiate prévue par les autorités européennes et nationales, n’était qu’une illusion de campagne. La réalité est plus cruelle : aucune initiative significative n’a été prise depuis un an, aucune relance sérieuse ne se dessine, et de nombreux gouvernements en Europe, dirigés par les conservateurs et comptant parfois dans leurs rangs des ministres d’extrême-droite, se réjouissent plus ou moins discrètement de cette torpeur pleine d’effroi.

Chercher à faire passer le Traité constitutionnel en force, comme le souhaite Nicolas Sarkozy, serait une grave erreur. La majorité des Français a dit « non » et ce vote doit être respecté. Nous ne reviendrons pas sur la volonté exprimée dans les urnes. Le « non » nous oblige à réconcilier l’Europe avec les citoyens. Il exige des réponses aux attentes exprimées par les Français.

-  Première attente : l’Europe doit tenir ses promesses en matière d’emploi et de croissance. L’europe est une des zones où la croissance, qui conditionne la création d’emplois, est la plus faible. Nous avons pris beaucoup de retard pour emprunter le passage vers l’économie de la connaissance, porteuse dans le champ économique de forte valeur ajoutée comme de hauts salaires et dans le champ social d’émancipation et de reconnaissance professionnelle. Des objectifs ambitieux ont été fixés en la matière dans le cadre de la « stratégie de Lisbonne », mais les outils pour la mettre en œuvre nous manquent aujourd’hui.

-  Deuxième attente : l’Europe ne protège pas assez le citoyen face aux nouveaux risques sociaux, comme les délocalisations ou les ruptures dans les parcours professionnels. Si seule l’Union Européenne a la taille critique nécessaire pour peser sur la mondialisation, les politiques européennes souffrent aujourd’hui d’un déséquilibre flagrant : la concurrence, qui n’est d’ailleurs parfois qu’apparente, y est privilégiée, au détriment des politiques sociales, économiques et industrielles. Une autre articulation doit donc être trouvée pour bâtir un véritable modèle social européen.

-  Troisième attente, enfin : l’Europe est trop éloignée des citoyens, ceux-ci n’ont pas de prise réelle sur les décisions. Alors que la décentralisation ne cesse de rapprocher les citoyens de leurs élus, que les Français s’expriment et veulent peser sur les politiques qui affectent leurs vies, l’Europe paraît souvent trop lointaine, trop abstraite. Il manque à l’Europe et à ceux qui l’incarnent une légitimité politique indiscutable. Il manque une vision clairvoyante de l’avenir, le nôtre et plus encore celui de nos enfants ou petits-enfants. Il manque un esprit de responsabilité pour dire et montrer clairement la destination et le chemin. Il manque enfin une méthode rigoureuse et cohérente.

Propositions

C’est le destin exceptionnel de la France d’être une force porteuse d’utopie qui promeut au-delà de ses frontières les valeurs et principes proclamés par la Révolution française. Elle a contribué, par son rôle moteur dans la construction européenne, au rapprochement des peuples et à l’amélioration de leurs conditions de vie. Parce qu’elle reste au cœur du dispositif européen, elle doit reprendre l’initiative, reconquérir son influence, affirmer l’envergure de ses ambitions.

Les intérêts de notre pays ne doivent pas être frileusement opposés à ceux de nos partenaires européens mais courageusement conjugués, pour entraîner vers le haut, par une valorisation intelligente et concertée de nos atouts respectifs, l’ensemble des Etats-membres de l’Union européenne.

Pour cela, l’Europe politique et sociale représente une contrepartie indispensable et urgente à l’Europe économique.

Seule une initiative progressiste permettra à l’Europe de sortir de l’impasse. Il faut construire une Europe des citoyens. Avec eux et pour eux, une relance progressiste de l’Europe est possible.

Proposition 1

Il faut bâtir l’Europe sociale du XXIe siècle, qui émancipe et qui protège, grâce notamment à :

-  la création d’un revenu minimum européen marquant la solidarité des citoyens européens entre eux et affirmant leur égale dignité ;
-  la sécurité sociale professionnelle pour protéger contre la précarité ou les ruptures professionnelles et renforcer l’employabilité des individus ;
-  un fonds européen pour la petite enfance afin de combattre les inégalités sociales à la racine et aider tous les citoyens à trouver leur place dans « l’économie de la connaissance ».

Proposition 2

Il faut mettre en place un véritable gouvernement économique de l’Europe. L’Europe existe, elle doit être gouvernée avec :

-  un « Conseil des ministres pour la croissance » chargé de mettre en oeuvre une politique économique active, avec un budget orienté sur les dépenses d’avenir : recherche, enseignement supérieur et réseaux de transport européens ;
-  un Eurogroupe renforcé (réunion des ministres des finances de la zone euro), capable de coordonner efficacement la politique budgétaire et fiscale, et représenté par un Ministre des Finances européen.

Proposition 3

Bâtir l’Europe des citoyens. Sans même en être conscients, nous vivons un moment unique dans l’Histoire. Pour la première fois, le continent européen est entièrement démocratique. C’est à nous, aux peuples d’Europe, de poursuivre ce mouvement en achevant la démocratisation des institutions européennes :

-  la Commission doit être élue par la majorité du Parlement Européen et en son sein afin d’établir un lien direct entre les citoyens et les gouvernants ;
-  le choix du Président de la Commission deviendra ainsi un enjeu majeur des élections européennes, dont le résultat devra être annoncé simultanément dans toute l’Europe ;
-  une partie des sièges au Parlement devra être réservée à des listes paneuropéennes, mêlant des candidats originaires de plusieurs pays, pour donner au débat une dimension véritablement européenne ;
-  afin de permettre l’émergence d’un véritable citoyen européen, il faut intensifier les échanges universitaires, renforcer l’enseignement des langues et créer une grande chaîne européenne de télévision publique, pour que chacun puisse connaître et comprendre l’Europe.

La crise de l’Europe n’est pas une fatalité. Une nouvelle dynamique progressiste est possible, dont la France, lorsqu’elle sera enfin dirigée avec audace et sérieux, peut prendre l’initiative.

Ensemble, construisons une Europe du citoyen, pour le citoyen.

Par tigrou
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Lundi 17 juillet 2006

 

Constat :

Aujourd’hui, le « descenseur social » fonctionne à plein dans notre société. Au cœur de la lutte pour l’égalité des chances, l’école repose sur le principe juridique d’égalité : tous les enfants ont aujourd’hui, théoriquement, un égal accès aux biens scolaires - les mêmes heures de cours dispensés par les mêmes professeurs dans le cadre d’un même cursus scolaire.

Mais cette égalité théorique ne se retrouve pas entièrement dans la pratique. L’offre scolaire est inégalitaire dans les faits :

-  La carte scolaire renforce la ségrégation territoriale.

-  Les classes de niveau accentuent les écarts entre les élèves.

-  Les filières scolaires réintroduisent les barrières sociales. L’exemple le plus flagrant concerne la filière professionnelle : les titulaires du « bac pro » sont exclus de l’enseignement supérieur professionnel (BTS, IUT, licences professionnelles, écoles d’ingénieurs), les étudiants issus des filières généralistes leur étant systématiquement préférés.

-  Les filières universitaires concentrent les moyens sur les élèves les plus favorisés. C’est le cas des classes préparatoires : on y trouve des enseignants disponibles, des petits effectifs, des exercices supplémentaires. Les grandes écoles concentrent quatre fois plus de moyens par élève que les universités.

-  La durée des études est très inégalitaire. La durée moyenne de scolarisation en France est de 19 années. Mais un jeune issu d’un milieu aisé qui termine médecin, ingénieur ou lauréat d’une grande école, bénéficie de 23 à 25 années de formation gratuite. Le jeune de banlieue sorti sans qualification à seize ans n’aura bénéficié que de 13 années. L’enseignement supérieur est une incroyable machine à redistribuer à l’envers.

En d’autres termes, l’école, dans les faits, ne tient pas sa promesse d’égalité, et laisse au bord du chemin les élèves les moins favorisés, trop tôt abandonnés à leur sort sans bagage éducatif, intellectuel ou culturel consistant.

Propositions :

Même si l’école parvenait dans les faits à respecter son principe d’égalité en droit, ce serait insuffisant. Donner la même chose à chacun ne permet pas de corriger les inégalités de départ. Il faut changer de paradigme scolaire : passer de l’égalité formelle à l’égalité réelle. Avec un principe : « donner plus à ceux qui ont moins », concentrer les moyens pédagogiques sur les élèves qui en ont le plus besoin.

Assurer l’égalité des chances est une tâche immense. L’école ne saurait la mener seule mais elle en est la matrice essentielle. C’est pourquoi l’Education nationale doit redevenir la première priorité budgétaire de la nation.

-  Créer un poste d’« instituteur volant » en CP. Non affecté à une classe, il serait chargé de donner du temps pédagogique supplémentaire aux enfants en difficulté.

-  Un plan périscolaire pour tous.

-  Renforcer les zones d’éducation prioritaire (ZEP). Les ZEP reposent sur une logique simple : donner plus aux quartiers défavorisés. C’est une bonne approche, car les inégalités se concentrent de manière territoriale. Leurs résultats sont pourtant décevants, du fait de handicaps qu’il faut corriger :

1. Renforcer massivement les moyens financiers alloués aux ZEP. Les moyens sont aujourd’hui saupoudrés : à peine 7% de moyens en plus pour un élève en ZEP ;

2. Adapter l’enseignement des ZEP aux besoins pédagogiques des élèves ;

3. Créer le statut d’« élève à besoin éducatif prioritaire » (BEP), afin de casser l’effet ghetto des ZEP. Les moyens affectés seraient calculés pour les établissements au prorata du nombre d’élèves prioritaires accueillis, quel que soit le statut et la localisation de l’établissement concerné.

4. Donner des affectations « coupe-file » aux élèves prioritaires, sur le modèle de la « filière ZEP » de Sciences Po.

-  Créer des « filières professionnelles longues ». L’idée est de réserver pour les bacheliers professionnels au moins la moitié des places dans les formations supérieures technologiques et professionnelles. Le principe doit être clair : tout élève qui débute en CAP ou en BEP et qui passe son bac professionnel doit pouvoir aller jusqu’au diplôme d’ingénieur.

-  Démocratiser l’enseignement supérieur, avec comme objectif 60% d’une classe d’âge à « Bac+3 ». Nous avons démocratisé le baccalauréat, il faut maintenant démocratiser l’enseignement supérieur. C’est une nécessite de justice sociale. C’est aussi une nécessité économique, dans le monde de la connaissance que est désormais le notre.

-  Garantir à tous un même capital de formation initiale gratuite de 20 ans. Les élèves sortis tôt du système scolaire pourront y retourner à tout moment, y compris en alternance.

 

Par tigrou
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Lundi 11 septembre 2006

Du mal-être étudiant

Bonsoir à toutes et à tous,

Mon attention a été attirée ce matin par un article du Parisien reprenant les conclusions d’une étude réalisée par La Mutuelle Des Etudiants (LMDE) sur la santé des étudiants.

 

Globalement, celle-ci s’améliore, et je m’en réjouis. Mais il reste du chemin à parcourir. En 2005, un étudiant sur cinq a dû renoncer à certains soins (particulièrement les soins dentaires ou de la vue) pour des raisons financières.

 

C’est une illustration de plus de la difficulté d’être étudiant aujourd’hui. Les jeunes de notre pays sont les premiers touchés par le malaise ambiant de notre société, dont on connaît les symptômes (crise des banlieues, manque de confiance dans la classe politique, inquiétude quant au niveau de vie, etc…). Chômage endémique, galère de stages en CDD : tout concourt à faire naître l’incertitude quant à l’avenir, et donc le mal-être.

 

On retrouve cette réalité dans le taux de suicide extrêmement élevé observé dans notre pays. Les chiffres sont sans appel : 120 000 tentatives de suicides par an ; avec 11 000 décès, c’est la première cause de mortalité chez les 25-34 ans, la seconde chez les 15-24 ans. Il nous faut saisir le problème à bras-le-corps et en faire une priorité de l’action du prochain gouvernement.

 

Je crois, je sens, lorsque je dialogue avec des jeunes, qu’au-delà de tel problème particulier, ce qui effraie c’est l’absence de sens de notre société. Nous avons le devoir de redonner une signification profonde au parcours de chacun, d’empêcher que l’enrichissement ne soit érigé en seul critère de la réussite individuel, de prouver que le marché ne fait pas tout.

 

Ce faisant, nous rendrons aux jeunes la place qui doit être la leur : les artisans de l’avenir de notre pays.

 

dsk

billet posté le 6/09 sur www.blogdsk.net

Par tigrou
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