Parti socialiste

Mardi 6 décembre 2005

Un nouveau logiciel pour le socialisme Tribune d’Olivier Ferrand, Laurent Baumel et Gilles Finchelstein.
Publié le 26 septembre 2005 dans Le Figaro

Pour Gilles Finchelstein, Laurent Baumel et Olivier Ferrand, la gauche est handicapée par une fracture doctrinale grandissante entre un pôle réformiste et un pôle antilibéral. Voilà le problème à résoudre pour construire le socialisme du XXIe siècle.

Le jugement, sans appel, semble déjà rendu : « Les socialistes n’ont pas d’idées. » Il y aurait bien une guerre des chefs, dans la perspective de l’élection présidentielle. Une guerre des mots, entre les tontons flingueurs du parti. Mais, pour les idées, ce serait plutôt la paix - la paix des cimetières. Et si c’était faux ? Chacun à sa place, depuis 2002, nous travaillons autour, notamment, de Dominique Strauss-Kahn, à la rénovation doctrinale de la gauche. Aujourd’hui, nous voyons le nouveau logiciel du socialisme se mettre en place.

La rénovation est un impératif. Car le message des Français, le 21 avril comme le 29 mai, a été limpide : « Vous ne répondez pas à nos problèmes. » Depuis trente ans, la France s’enfonce dans la crise et les gouvernements de droite comme de gauche - au-delà des succès remarquables de Lionel Jospin - ont été incapables de l’en sortir. La crise démocratique est avant tout une crise de l’impuissance politique.

Et si nous sommes impuissants, c’est que notre matrice intellectuelle s’est peu à peu épuisée. Nous vivons la fin du cycle idéologique du socialisme d’après-guerre, celui qui a porté l’Etat-providence. Notre logiciel y était fondé sur la réparation : laisser le capitalisme produire la richesse et corriger a posteriori les inégalités qu’il génère, à travers la redistribution de l’Etat-providence.

Ce logiciel ne fonctionne plus dans le monde émergent du XXIe siècle, marqué par les mutations du capitalisme, la mondialisation et la montée des nouveaux risques. Les dégâts générés par l’activité humaine y sont exponentiels. Ils peuvent de plus en plus difficilement être réparés. L’Etat-providence est débordé.

C’est vrai, avant tout, des dégâts sociaux. Face à un nouveau capitalisme financier bien plus violent que le capitalisme industriel d’après-guerre, l’Etat-providence ne parvient plus à endiguer la prolifération des inégalités. Inégalités de revenus : le rapport entre les 10% les plus modestes et les 10% les plus riches était de 1 à 8 en 1980, stable depuis les années 60 ; il est de 1 à 11 aujourd’hui, en augmentation rapide. Mais aussi inégalités socio-professionnelles : le statut collectif du salariat a volé en éclats. Inégalités générationnelles, avec la paupérisation des jeunes actifs. Inégalités territoriales, avec une ségrégation tripartite de la France entre centres-villes « gentrifiés » des familles aisées, no man’s land périurbain oublié des classes populaires et cités reléguées des exclus. Inégalités de destin, enfin : la volonté d’accomplissement personnel, nourrie par la démocratisation scolaire, fait l’objet d’une terrible déception : la probabilité qu’un enfant d’ouvrier devienne cadre est à son plus bas historique.

C’est vrai, aussi, des dégâts écologiques ou sanitaires. Le trou dans la couche d’ozone ne se résorbera pas avant cinquante ans, en dépit de l’arrêt de la production de CFC. Même si Kyoto était finalement respecté, les gaz à effet de serre déjà rejetés dans la biosphère rendent irréversibles le réchauffement climatique. Même constat pour les pandémies : si la grippe aviaire devait muter et se transmettre entre êtres humains, il y aurait des millions de morts. La réparation n’est plus possible.

Comment, dans ce nouveau monde, refonder un projet socialiste ? Nous conservons nos objectifs : une société prospère, égalitaire et durable. Mais nous devons penser un nouveau logiciel. La réparation reste au coeur de notre action : au moment où le capitalisme devient plus inégalitaire, l’effort redistributif de l’Etat-providence doit être accru.

Mais il faut ajouter un deuxième étage à la fusée : la prévention. Le socialisme ne doit plus seulement corriger a posteriori les désordres de l’activité humaine, il doit empêcher leur apparition. Pour cela, il doit les attaquer à la racine, là où ils se créent. Au sein du système productif, à travers la régulation du capitalisme. Changement majeur : face à un capitalisme mondialisé, le territoire de la régulation ne saurait demeurer national. Quel intérêt, par exemple, de limiter les émissions de gaz à effet de serre en France si le reste de la planète pollue plus ? En attendant la « démocratie-monde », l’Europe, seule, a la masse critique : elle doit être notre levier d’action dans la mondialisation. A cette aune, le traité constitutionnel restera un rendez-vous manqué avec l’histoire.

La prévention doit aussi s’exercer en amont du système productif, au sein de la société, pour éradiquer les inégalités de départ qui surdéterminent les destins individuels. Selon que l’on naît à Neuilly, Montreuil ou Vaulx-en-Velin, les jeux sont faits d’avance, les destins scellés. Pour briser cette fatalité, le socialisme doit changer de paradigme et passer de l’égalité formelle à l’égalité réelle des chances : « Donner plus à ceux qui ont moins », et concentrer les moyens publics sur ceux qui en ont le plus besoin. C’est le « socialisme de l’émancipation » : il vise à redonner à chacun la maîtrise de son destin. Il est porteur de réformes radicales.

Un exemple avec l’éducation. En fournissant les mêmes professeurs, les mêmes programmes, les mêmes cours pour tous, l’école ne permet pas de corriger les inégalités sociales de départ. Au contraire, elle risque de les légitimer. Pour les corriger, il faut concentrer les moyens pédagogiques sur les élèves en difficulté. Illustration : la création en CP d’un « professeur des écoles volant », non affecté, qui aurait pour mission de donner des cours supplémentaires aux enfants en difficulté d’apprentissage. Autre illustration : un renforcement massif des ZEP. Elles ne marchent pas en France du fait de leur saupoudrage : un enfant en ZEP bénéficie à peine de 7% de moyens supplémentaires par rapport à un enfant hors ZEP. Aux Pays-Bas, il dispose de 100% de moyens en plus !

Le socialisme n’est pas une doctrine figée dans le marbre de l’histoire. Confronté à une nouvelle phase du capitalisme, il cherche de nouveaux modes d’action, de nouveaux leviers. Se réfugier dans le socialisme d’hier est une impasse : cela nous condamne à la protestation - aux illusions de la radicalité dans l’opposition, à l’accompagnement compassionnel du libéralisme une fois au pouvoir. Nous devons inventer le socialisme de demain : le socialisme du XXIe siècle.

Par tigrou
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Mercredi 7 décembre 2005


Lionel Jospin appelle les socialistes, dans un entretien au quotidien économique Les Echos à paraître mercredi 6 décembre, à exercer "un devoir d’inventaire" sur son action pendant cinq ans à Matignon. Comme il l’avait lui-même pratiqué sur les années Mitterrand...

"Les responsables socialistes d’aujourd’hui ont à exercer leur droit d’inventaire sur nos années 1997-2002, comme je l’avais jadis fait sur nos années Mitterrand. Ce n’est pas seulement un droit. C’est un devoir. Avant de faire de nouvelles propositions, ils doivent savoir sur quoi s’appuyer, ce qu’ils doivent reprendre et ce qu’ils doivent changer", affirme M. Jospin.

A propos des 35 heures, l’ex-chef du gouvernement juge que "nous avons commis une erreur sur un point : nous n’aurions pas dû faire les 35 heures à l’hôpital, tant que le personnel nécessaire n’était pas recruté et formé. Pour le reste, les 35 heures ont constitué un compromis raisonnable".

S’il n’est "pas favorable au protectionnisme", M. Jospin estime qu’"il faut tempérer le libre échangisme". "La Chine, analyse-t-il, nous soumet à une compétitition sur les bas salaires d’une échelle sans précédent. Nous devons défendre nos intérêts. L’Europe doit préserver son propre marché intérieur car si elle devait se fondre dans une immense zone de libre échange, je ne vois pas très bien ce qu’il en resterait".

L’ex-dirigeant socialiste affirme aussi que pour sortir du "blocage" de l’Union européenne, il faut "trouver un compromis budgétaire pour la période 2007-2013". Cela passe "naturellement", réaffirme-t-il, par des concessions sur la PAC.

"La France est la première puissance agricole de l’Europe, ajoute M. Jospin. C’est à elle de donner le la. Proposons un nouveau modèle agricole. Faisons des concessions à condition d’obtenir, en contrepartie, des avancées sur le chèque britannique et sur les services publics. Cessons d’être sur la défensive ! (...)".

Revenant sur la crise des banlieues, l’ex-chef du gouvernement déclare que "le ministre de l’Intérieur peut bien soigner sa popularité en faisant des rodomontades, ce qui s’est passé pendant vingt jours a signé l’échec de sa politique de sécurité".

Selon M. Jospin, "il ne faut pas flatter les peurs", un avertissement qu’il adresse "à la droite sur la sécurité et à une partie de la gauche sur la mondialisation".

Par Cobra
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Jeudi 13 avril 2006

Campagne d'adhésion au parti socialiste : la carte est à 20 euros jusqu'au 1er juin !

 

Un bon moyen pour s'assurer de la victoire de DSK, contribuer à sa désignation au sein du PS en novembre prochain !

 

Par tigrou
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Vendredi 14 avril 2006

Voilà que le PS ne choisit plus ses candidats sur des idées !

 

A croire que c'est TF1, l'IFOP qui vont nous dire qui présenter... A les entendre, il n'y a qu'une solution : Ségolène Royal.

 

Permettez-moi de douter de la capacité de cette dernière à sortir de sa ligne réac (l'appui des amis de julien dray ne devrait pas l'y aider non plus) et à incarner une vision de la France et du socialisme un peu originale.

je me permets de renvoyer au blog du camarade député jean-christophe cambadélis qui explique très bien "pourquoi dsk ?"

 

Par tigrou
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Mercredi 3 mai 2006

c'est bientôt parti, demain les strauss-kistes seront sur le pont dans toute la France pour lancer la campagne interne !

 

Qui a dit : "il était temps" ?

Par tigrou
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Jeudi 4 mai 2006

 

Un texte un peu long (sic) mais qui permet une belle mise-à-jour du blog avant d'aller préparer la réunion du 4 mai dans ma fédération. Je l'ai repiqué sur psinfo.net. Il s'agir de la contribution générale déposée par Laurent Baumel et synthétisant la pensée strausskhiste au congrès de 2005.

 

Le socialisme du XXIème siècle :
Pour un réformisme radical

 Contribution générale au congrès national du Mans du Parti socialiste présentée par Laurent Baumel, Olivier Ferrand, Vincent Feltesse, Gilles Finchelstein et Pierre-Antoine Molina
juillet 2005

Les congrès sont toujours des moments importants dans la vie des socialistes. Mais le congrès du Mans, le 18 novembre prochain, s’annonce comme un rendez-vous crucial pour notre avenir collectif.

Avec le 29 mai 2005, un nouveau coup de tonnerre a éclaté sur la France et l’Europe.

Nous devons en tirer les leçons. Nous n’avions pas pu le faire pleinement à Dijon, au lendemain du 21 avril 2002 : la priorité, après le choc, était au rassemblement. C’était légitime. A la veille de 2007, l’unité des socialistes reste toujours indispensable. Mais elle ne peut se faire, cette fois, au détriment de la clarté et des idées.

Car le message des Français, en ces deux occasions, est limpide : « Vous ne répondez pas à nos problèmes. Nous nous enfonçons dans la crise et vous êtes incapables de nous en sortir ».

Le congrès doit donc être un congrès de projet : trouver les clés pour sortir de la crise, tracer un chemin pour la France et l’Europe de demain.

Il y a là urgence et nécessité.

Urgence car 2007 approche à grands pas et peu a été fait ou dit à ce stade. Nous n’avons que trop perdu de temps.

Nécessité électorale parce que le retour du balancier vers la gauche en 2007 ne sera pas automatique. Les Français rejettent certes la droite au pouvoir mais il nous reste à incarner une alternative. Nous devons redonner l’espoir qu’une autre politique est possible. Ce sera d’autant plus nécessaire que l’alternative pourrait s’incarner au sein même de la droite, avec un candidat doté d’un programme libéral-sécuritaire cohérent.

Nécessité politique parce que notre but ne saurait être seulement de reconquérir le pouvoir, mais aussi d’y réussir. Nous voulons être utiles aux Français. Nous voulons changer la vie - en mieux.

Pourtant, nous le sentons tous, la maturation de notre projet socialiste est difficile. C’est que nos débats se heurtent à une double impasse.

Il y a d’un côté les illusions de la protestation
.

Nous voulons tous trouver des solutions radicales aux problèmes des Français. Répondre pleinement aux angoisses des classes populaires. Renverser ce monde injuste. Réunir toute la gauche dans ce combat.

Mais aujourd’hui, cette radicalité se limite à une dénonciation sans solution. Elle se dissout dans la protestation. C’est une voie illusoire. La protestation empêche d’agir sur le réel : face à la virulence de la dénonciation, les propositions ne sont jamais assez radicales, jamais « assez à gauche ». Elle débouche sur le mensonge « molletiste », avec un grand écart entre le discours contestataire dans l’opposition et la pratique gestionnaire une fois au gouvernement. Si nous la choisissions, nous serions vite confrontés aux illusions que nous aurions semées et notre échec au pouvoir serait garanti. Plus fondamentalement encore, la défiance démocratique actuelle, aggravée par dix ans de chiraquisme, invite à en finir résolument avec toutes les formes de désinvolture électoraliste.

C’est aussi une voie incertaine. Incertaine sociologiquement : il n’y a pas deux France, une « France d’en bas » qui protesterait contre la « France d’en haut ». Il y a une France fragmentée, diverse, multiple, une France qui souffre et qui attend un discours positif de cohésion sociale. Incertaine politiquement, aussi. Le vote protestataire est certes pour l’essentiel le vote des couches populaires. Mais il mêle notamment électeurs de gauche et électeurs d’extrême droite. Sera-t-il séduit par les accents protestataires - a fortiori artificiels - qui émaneraient d’un candidat socialiste ? Nous ne le pensons pas : les couches populaires manifestent leur indignation mais elles attendent de nous des solutions et une vision.

Nous avons vu l’ensemble de ces mécanismes à l’oeuvre lors de la campagne référendaire. Il faut respecter le résultat des urnes. Il faut aussi dépasser le clivage entre le « oui » et le « non ». Mais nous ne pouvons que regretter que le désir de protester contre l’Europe telle qu’elle se construit - trop libérale, trop technocratique, trop rapidement élargie - l’ait emporté sur la volonté de progresser avec un texte qui constituait pourtant le meilleur compromis jamais arraché par la social-démocratie face à la droite européenne. Protestation illusoire : le « non » l’a emporté et il n’y a pas de plan B, pas de renégociation. Nous revenons à une situation moins favorable. Nous n’avons pas servi les intérêts objectifs de notre électorat. Protestation inefficace : le « non » est un acte de refus, il n’est pas fédérateur autour d’un projet, il n’a pas créé d’alternative.

Mais il y a de l’autre côté l’impuissance du réformisme « vide ».

Le réformisme sans contenu est aussi une impasse. Il se désagrège dans le pragmatisme gestionnaire, le discours technocratique, le désert intellectuel. Il se corrompt dans le social-libéralisme, l’accompagnement compassionnel du néolibéralisme. Il retarde, sans l’empêcher, la dégradation de notre modèle de société au profit du modèle néo-libéral. Il n’offre aucune espérance et alimente, comme dans un jeu de miroir, l’attractivité du discours protestataire.

Nous devons sortir de ce tête à tête mortel entre des révolutionnaires sans révolution et des réformistes sans réformes !

Si nous nous heurtons à ces impasses, si nous peinons à définir notre projet, c’est qu’il s’inscrit dans une matrice idéologique épuisée. Une matrice qui ne correspond plus aux défis du monde contemporain - ceux de la mondialisation et des mutations du capitalisme, du chômage de masse, de la fragmentation sociale, du vieillissement démographique, des nouvelles menaces écologiques, des désordres stratégiques de l’après-11 septembre...

Tel est l’enjeu du congrès du Mans : rénover la matrice idéologique du socialisme. Refonder notre identité. Répondre à cette question fondamentale : qu’est-ce qu’être socialiste au XXIème siècle ? Telle est la tâche qui nous attend si nous voulons de nouveau être capables de sortir le pays de la crise, si nous voulons être utiles aux Français.

Il nous faut réinventer le socialisme.

Nous proposons une nouvelle identité socialiste : le « réformisme radical ». Réformisme, parce que nous acceptons les contraintes du réel, la politique des petits pas : tout progrès, même modeste, même frustrant, est bon à prendre. Radical, car nous voulons mobiliser les énergies pour « changer la vie ». Nous voulons signifier le retour du volontarisme politique. Le socialisme ne saurait être une subordination de la justice sociale au marché, c’est une confrontation. Cette confrontation est toujours possible aujourd’hui, nous ne sommes pas condamnés à l’impuissance.

Nous proposons un nouveau projet socialiste : le socialisme de l’émancipation. Nous vivons la fin du cycle idéologique de l’après-guerre. Notre logiciel y est fondé sur la logique de la réparation : nous laissons le capitalisme produire la richesse, et nous corrigeons les inégalités qu’il produit à travers la redistribution de l’Etat-providence. Cette logique exclusive ne fonctionne plus. Les inégalités prolifèrent à nouveau, de nouveaux dégâts - écologiques, stratégiques - sont générés par la mondialisation, il est de plus en plus difficile de les corriger a posteriori. L’Etat-providence est débordé.

La réparation doit rester au coeur de notre action : ce n’est pas au moment où le capitalisme renforce ses effets pervers qu’il faut baisser la garde. L’effort redistributif de l’Etat-providence doit être accru. Mais il faut ajouter un deuxième étage à la fusée : la prévention. Le socialisme ne doit plus seulement corriger a posteriori les désordres de l’activité humaine, il doit empêcher leur apparition. Pour cela, il doit les attaquer à la racine. Au sein du système productif : en cela il renoue avec le « socialisme de la production » du XIXème siècle, celui des luttes sociales dans l’entreprise. Mais aussi en amont du système productif, au sein de la société, pour éradiquer les inégalités de départ qui surdéterminent les destins individuels. Selon que l’on naît à Neuilly, Montreuil ou Vaux-en-Velin, les jeux sont faits d’avance, les destins scellés. Pour casser cette fatalité, le socialisme doit changer de paradigme. Il doit passer de l’égalité formelle à l’égalité réelle des chances : « donner plus à ceux qui ont moins », concentrer les moyens publics sur ceux qui en ont le plus besoin. C’est le socialisme de l’émancipation : il vise à redonner à chacun la maîtrise de son destin.

Nous proposons un nouveau levier d’action : l’Europe, notre bras armé dans la mondialisation. Notre horizon de socialistes, c’est désormais le monde : les enjeux sont planétaires. Pour pouvoir les réguler, nous devons construire un outil à leur mesure : l’Europe politique.

Cette redéfinition de l’identité socialiste est notre enjeu collectif dans le congrès du Mans. Par ce texte de contribution, nous n’avons pas d’autre ambition que de répondre à l’appel du premier secrétaire pour un congrès de projet. Nous nous situons pleinement dans le cadre du rassemblement qui s’organise autour de lui.

Un grand nombre d’entre nous appartiennent à la génération qui a grandi avec la gauche au pouvoir et la mondialisation. Nous n’avons pas eu le temps de partager les illusions du communisme et de la Révolution. Nous avons aussi constaté que le réformisme « vide » était une impasse, qu’il engendrait la désillusion.

Aujourd’hui, nous estimons que l’invention de ce réformisme assumé, actualisé et radical, dont le mouvement socialiste et la gauche toute entière ont besoin, est aussi notre affaire. Nous proposons une reformulation idéologique, autour du socialisme de l’émancipation. Nous en donnons quelques illustrations programmatiques, pour montrer sa capacité réformatrice. Nous pensons qu’un renouvellement des pratiques politiques - dans le parti comme dans la République - est nécessaire.

L’unité et le rassemblement des socialistes autour d’une ligne politique claire devront se faire le moment venu, au stade des motions et de la synthèse. Mais, en amont, la phase des contributions doit permettre un débat vivant et ouvert à tous les apports. Nous voulons juste proposer le nôtre.

I - L’ENJEU DU CONGRÈS :
REFONDER L’IDENTITÉ SOCIALISTE

 

1) Le socialisme impuissant face au malaise français

Le 21 avril et le 29 mai révèlent une crise démocratique profonde

    « Insurrection électorale » : au-delà de la question européenne, le vote du 29 mai est, après le 21 avril, une nouvelle manifestation de la crise démocratique que traverse la France. Cette crise a différentes expressions.

    L’alternance systématique, tout d’abord.
    « Sortez les sortants » est devenu un mot d’ordre. Depuis 1981, le balancier électoral est systématique. Les gouvernements en place sont toujours battus.

    La protestation, ensuite.
    Elle s’exprime dans les urnes avec la montée des suffrages qui se portent sur les partis extrémistes et, corrélativement, le rétrécissement de la base électorale des partis de gouvernement. Le 21 avril, seuls 52 % des Français ont voté pour un parti de gouvernement. Le 29 mai, ce chiffre se dégrade encore : 45 % ont suivi les partis de gouvernement, qui défendaient le « oui ». C’est la « démocratie du refus ».

    L’abstention, enfin.
    Les citoyens sont de plus en plus nombreux à ne pas voter. Ils s’abstiennent. Pire encore, ils ne sont plus inscrits sur les listes électorales. Ce n’est pas par légèreté, parce que les enjeux auraient disparu. Au contraire, c’est un choix stratégique. Il marque une défiance : les représentés ne votent plus pour leurs représentants parce qu’ils ne leur font plus confiance. Certains politiques voudraient, comme en Suisse, instaurer le vote obligatoire. Ce serait effacer le symptôme, pas le mal.

    Alternance systématique, protestation, abstention stratégique : notre démocratie représentative se porte mal. Les Français rejettent toute la représentation politique, et plus généralement les élites.

La crise démocratique a pour origine principale l'impuissance politique

    Le malaise de notre démocratie a des origines multiples.

    La crise de la responsabilité.
    Les Français ont le sentiment de l’impunité des élites. Cette irresponsabilité est devenue institutionnelle au niveau de la Présidence de la République. Irresponsabilité politique : le Président n’a pas de comptes à rendre, il utilise son Premier ministre comme fusible. Et irresponsabilité pénale : le Président ne peut pas être poursuivi pendant l’exercice de son mandat.

    La crise de la représentation.
    Une partie de l’électorat - la plus fragile, la moins intégrée - ne se sent pas représentée. C’est le cas des Français issus de l’immigration, des minorités visibles, des jeunes générations, des femmes... C’est aussi le cas des citoyens les plus défavorisés, ceux qui vivent dans des banlieues dégradées, qui connaissent la pauvreté ou l’exclusion. Ces citoyens se sentent exclus du jeu démocratique. C’est pourquoi ils votent de moins en moins. C’est une démocratie censitaire qui se met lentement et subrepticement en place. Avec le plus terrible des cens - un cens volontaire.

    La crise de la légitimité.
    Une autre partie de l’électorat - la plus intégrée, la plus éduquée - ne se satisfait plus du fonctionnement démocratique actuel. Elle le trouve trop frustre. Le vote est un renoncement à l’exercice de la souveraineté politique, déléguée à son élu pendant toute la durée du mandat, le plus souvent sur une base programmatique vague. Les citoyens souhaitent désormais l’exercer. Ils veulent participer à l’élaboration des politiques publiques. Ils veulent aussi décider directement : « on ne nous a pas consultés », est une critique devenue classique à l’encontre des politiques. C’est une remise en cause profonde de la démocratie traditionnelle : la légitimité de la représentation s’estompe.

    Mais la crise de la démocratie est avant tout une crise d’efficacité. La politique semble impuissante.
    Elle ne parvient pas à résoudre les problèmes des Français. Elle échoue à sortir la France du malaise économique et social qui la gangrène depuis plus de trente ans. La croissance est en panne. Le chômage de masse a gagné la société. Les inégalités, stables depuis les années 1960, repartent à la hausse. C’est le modèle de société français lui-même qui est atteint dans son coeur. Ce modèle est fait d’un équilibre particulier entre liberté et cohésion sociale, entre croissance et redistribution, entre marché et Etat-providence. Ce modèle, miné par le chômage et le creusement des inégalités, est aujourd’hui en danger. Les plus pauvres sont relégués dans les cités ghettos. Les classes populaires, rongées par la précarité, décrochent. La République se déchire. La France n’arrive plus à « faire société ».

    Pour expliquer cette impuissance, les citoyens ont le sentiment que les politiques ont perdu le pouvoir : il est ailleurs, désormais - à Bruxelles, Washington, dans les entreprises multinationales… Et que, même s’ils l’avaient encore, ils ne sauraient comment l’utiliser : plus aucun parti n’a les clés de l’avenir. Les politiques n’ont plus de solutions à proposer. Il n’y a plus de vision, de projet pour la France et l’Europe de demain.

Cette impuissance politique est aussi celle du socialisme

    L’échec de la droite est aujourd’hui absolu. Mais reconnaissons-le avec lucidité : le message des Français - « vous ne répondez pas à nos problèmes » - s’adresse également au parti socialiste. D’abord, parce que nous avons gouverné la France quinze ans sur les vingt-quatre dernières années. Certes, le gouvernement de Lionel Jospin fut remarquable : meilleure croissance européenne, deux millions d’emplois créés, chômage en baisse de 30 %, importantes réformes sociales et sociétales... Mais globalement, sur la longue période, la gauche au pouvoir n’a pas su résoudre la crise. Cette crise signe donc, pour une part, l’échec des socialistes.

    Elle interroge aussi profondément le socialisme. Le programme de justice sociale est, depuis deux siècles, porté par la gauche. Il est le fondement premier de notre identité socialiste. Le développement d’une société inégalitaire est incompatible avec nos valeurs. Notre impuissance remet en cause le sens de notre action.

2) Les trois crises du socialisme

La crise du projet socialiste : notre matrice idéologique « historique », fondée sur la réparation, n'est pas adaptée aux défis du monde contemporain

    Nous vivons la fin d’un cycle. À notre sens, il ne s’agit pas seulement du cycle stratégique d’Epinay. Il s’agit plus fondamentalement encore de la fin du cycle idéologique du socialisme d’après-guerre.

    Ce socialisme, né avec le Front populaire puis la Résistance, a soutenu puis porté l’Etat-providence, ce vaste compromis entre économie de marché et justice sociale. Il a introduit « le doute marxiste au sein du système capitaliste », selon la formule de Jürgen Habermas. Il a comme matrice la réparation : il s’agit de corriger les inégalités engendrées par le capitalisme. Il repose sur l’Etat : c’est l’Etat qui met en oeuvre la correction des inégalités de marché, à travers les prélèvements fiscaux, la protection sociale et les services publics.

    Le socialisme de la réparation fut au coeur du succès du modèle français et européen lors des Trente Glorieuses. L’Etat-providence a permis la mise en place d’un cercle vertueux entre production et redistribution. L’économie de marché produit la richesse. Celle-ci est redistribuée afin d’assurer la cohésion sociale et de limiter les inégalités. Cette redistribution accroît la consommation des classes moyennes et populaires, source de croissance et de davantage de richesse.

    Ce modèle socialiste de la réparation est en crise. Il ne parvient plus à répondre aux défis du monde contemporain.

La mondialisation et les mutations du capitalisme

    Le capitalisme a subi, depuis une vingtaine d’années, des mutations profondes. L’économiste Daniel Cohen parle de « nouvelle révolution capitaliste ». Or ce nouveau capitalisme place l’Etat-providence sous des contraintes croisées.

    D’un côté, ce nouveau capitalisme secrète de nouvelles inégalités, beaucoup plus importantes que le capitalisme classique :

       Un capitalisme financier.
      Le capitalisme industriel est devenu financier. Sa logique est celle du rendement sur les marchés financiers, et non plus de la croissance sur le marché des biens. Nous assistons à la revanche de l’actionnaire : le partage de la valeur ajoutée se déforme en faveur du capital, au détriment du travail.

       Un capitalisme « post-fordiste ».
      Le capitalisme fordiste était fondé sur le modèle de la grande entreprise industrielle et les rapports de classe. La classe ouvrière avait pu y négocier un statut du salariat, formidable facteur de sécurité et d’égalité : les conditions salariales sont fixées de manière objective (grille de salaire par poste, promotion à l’ancienneté) ; le modèle de carrière est celui de la carrière à vie dans la même entreprise.

      Le fordisme a été ébranlé par le déclin du modèle d’organisation de la grande entreprise industrielle. L’économie moderne est fondée sur la différenciation des tâches, la flexibilité, la relation directe avec le client. Résultat : il n’y a plus de collectif, de solidarité de classe face au patronat, de communauté d’intérêts de la classe ouvrière, mais au contraire une concurrence individuelle. Le statut du salariat s’effrite (avec la prolifération des CDD, du temps partiel, de l’intérim et des contrats précaires), laissant place à une « re-marchandisation » du travail. Les salariés sont plus jugés au mérite. Mécaniquement, les écarts salariaux individuels s’accroissent. On assiste au développement du « modèle biographique », selon l’expression du sociologue Ulrich Beck.

       Un capitalisme mondialisé.
      La mondialisation élargit l’éventail des salaires. Elle pèse sur les revenus et les emplois des salariés peu qualifiés des pays occidentaux, qui sont mis en concurrence avec les bas salaires des pays en développement. Les vagues de délocalisation et la rapide désindustrialisation de l’Europe - au moins dans les industries de main d’oeuvre - en sont le douloureux témoignage. A l’inverse, la mondialisation valorise cette nouvelle classe de cadres internationaux, dont la fonction est justement d’organiser le nomadisme de l’entreprise : ils en sont rétribués par une « actionnarisation » progressive - primes, stock-options, « bonus packages »...

    La mondialisation fait également diverger les trajectoires professionnelles. Avec la mondialisation, le capital est devenu plus mobile, plus rapide. Dès lors, les carrières à vie se raréfient. Les salariés sont amenés à changer plusieurs fois d’entreprises et de métiers : les ruptures professionnelles vont se multiplier. Pour la fraction la plus intégrée des cadres et des ingénieurs, ces ruptures sont l’occasion de sauts qualitatifs dans leur carrière : c’est en changeant d’entreprise qu’ils accèdent à de nouvelles responsabilités, renégocient leurs salaires, obtiennent des formations qualifiantes. A l’inverse, pour les salariés peu ou pas qualifiés, la progression de carrière était assurée au sein de l’entreprise : c’est dans leur pratique professionnelle qu’ils pouvaient démontrer leur savoir-faire, leurs talents. Pour eux, l’ancienneté dans l’entreprise est un facteur déterminant. Les ruptures de carrière brisent ce modèle de promotion. Le savoir-faire démontré dans l’entreprise n’est pas valorisable à l’extérieur : il faut y refaire ses preuves, repartir de zéro. Le tissu social créé dans l’entreprise - avec le rapport de force collectif, le soutien syndical - est perdu : le salarié se retrouve seul pour chercher un nouvel emploi. Dès lors, ces ruptures provoquent la stagnation professionnelle, ou pire le chômage de longue durée et la déqualification. Elles sont au coeur d’une nouvelle insécurité économique, si profondément ressentie par nos concitoyens.

    De l’autre côté, le nouveau capitalisme rend plus difficile la correction des inégalités. En effet, avec la mondialisation, la valeur ajoutée est susceptible de s’évader hors du territoire national et d’échapper ainsi à la redistribution de l’Etat-providence. Croissance et redistribution s’auto-alimentaient pendant les Trente Glorieuses. On les présente désormais comme incompatibles. Les investissements dépendent de la compétitivité des entreprises et de l’attractivité du territoire. Or les prélèvements fiscaux et sociaux les handicapent : pour retrouver la croissance, on nous dit qu’il faudrait sacrifier l’Etat providence.

Le vieillissement démographique

    Le vieillissement démographique est très marqué, en France comme en Europe : il est le fait d’un double mouvement d’allongement de l’espérance de vie et de baisse du taux de fécondité. La jeune génération (0-24 ans) représentait 31 % de la population française en 1995 : elle n’en formera plus que 27 % en 2015. Le nombre de retraités explose. Il y avait un retraité pour quatre actifs en 1960. Ce ratio monte à un retraité pour trois actifs en 2000. Il se dégrade dans des proportions exceptionnelles dans les décennies à venir, avec un retraité pour deux actifs en 2020 et un ratio de un pour un en 2050. Quant au quatrième âge (80 ans et plus), il passera de 4 % de la population en 1995 à 9 % en 2015.

    Le vieillissement fait subir à l’Etat-providence une contrainte croisée. D’un côté, les recettes baissent puisqu’on compte moins d’actifs, et donc de cotisants. De l’autre, les dépenses augmentent puisqu’il y a plus de retraités et que croît le montant des dépenses de santé liées à l’âge. La grande dépendance, notamment, sera soumise à de fortes tensions : la dignité des personnes qui perdent leur autonomie est un objectif prioritaire pour les socialistes, mais il sera difficile à tenir avec l’explosion des coûts.

La fragmentation sociale et l'explosion des inégalités

    La société française de l’après-guerre était caractérisée par la cohésion sociale. Les inégalités étaient pour l’essentiel socio-professionnelles et divisaient deux France : le capital face au travail, les classes supérieures « dominantes » et les classes populaires « dominées ». Grâce à l’Etat-providence, elles étaient sous contrôle : le rapport des 10% les plus modestes face aux 10 % les plus aisés était passé d’un rapport de 1 à 20 en 1900 à un rapport de 1 à 8, stable depuis les années 1960. Cette lecture des deux France est celle de la France d’hier. Elle est aujourd’hui dépassée. La société française contemporaine se fragmente. La cohésion sociale se fissure, avec la montée d’un phénomène inégalitaire puissant et multiforme :

       L’explosion des inégalités socio-professionnelles.
      L’Etat-providence est débordé par les mutations du capitalisme : il n’arrive plus à contenir les inégalités financières. Mais au-delà des revenus, les inégalités socio-professionnelles se déploient de manière multiforme : les fragmentations se multiplient - entre les « exclus » et les « inclus », les chômeurs et ceux qui ont un emploi, les salariés et les non-salariés, les salariés précaires (CDD, temps partiel...) et les contrats à durée indéterminée, les salariés du privé et les salariés à statut… Le monde du travail est en miettes. Le modèle de l’Etat-providence est peu adapté pour corriger ces inégalités : il les laisse se développer en se contentant d’en corriger les conséquences financières après coup ; il ne cherche pas à les corriger là où elles se créent, au sein du système productif.

       La montée de nouvelles inégalités : les inégalités de destin.
      La société française exprime une demande nouvelle de promotion individuelle : les Français veulent maîtriser leur destin. Cela s’explique d’abord par une évolution des valeurs collectives : montée de l’individualisme, aspiration au mérite, besoin accru d’accomplissement personnel. Cela s’explique ensuite par l’évolution du capitalisme « post-fordiste ». Aujourd’hui, avec l’affaiblissement des statuts collectifs, chacun tend à jouer sa carte personnelle : chaque salarié devient responsable de son parcours professionnel, de sa réussite ou de son échec. Cela s’explique enfin par la démocratisation scolaire. Et elle est très récente : en dix ans, de 1987 à 1997, l’âge médian de la fin des études est passé de 19 à 22 ans ; le taux de bacheliers a plus que doublé, de 30 à 63 %.

      Le sociologue Eric Maurin l’a montré : cette volonté de promotion individuelle fait l’objet d’une terrible déception. L’ascenseur social est bloqué. Les inégalités de destin n’ont jamais été aussi fortes en France. Inégalités inter-générationnelles : la probabilité qu’un enfant d’ouvrier devienne cadre est à son plus bas historique, comme en témoigne symboliquement la chute de la part de fils d’ouvriers et d’employés dans les étudiants des grandes écoles. Inégalités intra-générationnelles : la mobilité sociale est plus faible qu’autrefois - ainsi, en 1960, un ouvrier pouvait espérer rattraper le salaire moyen d’un cadre en 30 ans alors qu’il voit aujourd’hui son horizon dépasser 150 ans...

      Comment expliquer cette immobilité sociale, alors que les mentalités collectives privilégient désormais la réussite individuelle, que les travailleurs ont été « mis en mouvement » avec le déclin des barrières de classes, et que l’école est ouverte à tous ? C’est que les inégalités de départ sont maximales en France. Réussir son destin est désormais ouvert à tous en théorie. Mais pour accomplir effectivement son destin, ou celui de ses enfants, il faut un capital global de départ - humain, social, culturel, économique. Or ce capital de départ est réparti de manière extraordinairement inégalitaire.

      Disons-le tout net : le modèle socialiste de la réparation est mal équipé pour casser ces inégalités de départ. Il ne répond pas à ces citoyens qui disent : « Ne vous intéressez pas seulement à notre filet de sécurité en cas d’échec, donnez-nous aussi les moyens de réussir. ». Le socialisme ne peut plus se désintéresser de ces moyens : il ne doit plus seulement corriger les inégalités d’arrivée, produites par le marché ; il doit également offrir une réelle égalité des chances au départ.

       Une clé de lecture de la société fragmentée : la ségrégation territoriale.
      Les inégalités se sont multipliées et complexifiées. Mais la principale grille de lecture de cette société éclatée passe par la concentration territoriale des inégalités. Le sociologue Jacques Donzelot l’a théorisée à travers l’idée d’une division tripartite du territoire.

      Il y a d’un côté les familles aisées qui veulent vivre entre elles. Elles font « sécession » du reste de la société et habitent dans les centres « gentrifiés » des grandes villes, qui concentrent tous les avantages - réseau social, qualité de l’environnement urbain, sécurité, proximité des services publics (notamment culturels). Il y a à l’autre bout de l’échelle les « exclus », relégués dans les territoires ruraux désertifiés et dans les cités, qui concentrent à l’inverse toutes les difficultés - chômage, pauvreté, échec scolaire, concentration des primo-arrivants, absence d’équipements, délabrement de l’habitat, insécurité. Entre les deux, dans l’espace péri-urbain (la « banlieue »), il y a les classes populaires : elles rêvent de pouvoir aller vivre avec la population aisée mais elles en sont exclues, notamment du fait du prix de l’immobilier ; et elles ont peur d’être rattrapées par les plus pauvres, d’ici et surtout d’ailleurs, qu’elles perçoivent comme une menace pour leur sécurité et pour la qualité de la scolarisation de leurs enfants. Prisonnières dans cet entre-deux, en situation instable et craignant en permanence la relégation, elles se sentent oubliées des pouvoirs publics.

      Territoires des « nantis », territoires des « oubliés », territoires des « exclus » : la géographie est devenue cloisonnée, et la promotion sociale impossible.

La menace écologique

    L’environnement se dégrade à grande vitesse. La dégradation est quantitative : les écosystèmes sont progressivement détruits sous l’effet de l’intervention humaine. Les attaques sont multiples : réduction des terres arables par la progression de l’urbanisation et du réseau routier ; extinction des nappes phréatiques par irrigations non maîtrisées ; déforestation par octroi de zones de coupes trop importantes ; destruction des ressources halieutiques par une pêche trop intensive...

    La dégradation est aussi qualitative : la biosphère se dérègle. Sa composition est altérée sous l’effet de l’accumulation de certains métaux, gaz et composés, importés du sous-sol ou produits par l’activité industrielle. Cette altération provoque des déséquilibres écologiques. C’est tout particulièrement le cas avec des substances rares : parce que leur concentration s’accroît, en proportion, beaucoup plus vite, des fuites mêmes mineures dans la nature peuvent provoquer une forte éco-toxicité. La destruction de la couche d’ozone par les CFC (chloro-fluoro-carbones) ou la stérilité des otaries et des phoques liée aux PCB (biphényles polychlorés) illustrent ce phénomène. Mais c’est aussi le cas avec des substances abondantes, lorsque les volumes accumulés sont importants. Les exemples sont nombreux : empoisonnement des reins au cadmium, mort biologique des lacs par les phosphates, destruction des forêts par les pluies acides. Le cas le plus marquant est le dioxyde de carbone. Son accumulation dans la biosphère est massive du fait de l’extraction intensive de combustibles fossiles du sous-sol. Elle est telle que, malgré la présence généralisée de CO2 dans la nature, elle déclenche le réchauffement climatique de la planète.

    Il faut le reconnaître : face à ces enjeux écologiques, la prise de conscience des socialistes français est tardive. Et elle s’est faite, là encore, dans le cadre du modèle de la réparation. Nos politiques environnementales sont ainsi pour l’essentiel curatives : on laisse l’activité humaine générer des dégâts écologiques et on tente de les réparer a posteriori.

    Mais les dégâts écologiques présentent des coûts croissants : il est financièrement de plus en plus difficile d’assumer la remise en état écologique. Surtout, il s’agit là de phénomènes persistants : la remise en l’état est de plus en plus longue. Le risque est alors qu’ils deviennent irréversibles. Les émissions de dioxyde de carbone ont déjà déclenché un réchauffement planétaire : même en cas de réduction drastique des émissions de CO2, le changement climatique sera à l’oeuvre sur le long terme. L’usage des CFC a certes été fortement réduit, mais leur présence dans l’atmosphère ne déclinera que lentement. Il en va de même des déchets nucléaires, qui restent actifs pendant des centaines de milliers d’années.

    Dégâts croissants, persistance, irréversibilité : ces caractéristiques posent les limites de la logique de réparation en matière environnementale.

L'impuissance stratégique dans le monde de l'après-11 septembre

    Avec la construction européenne, les nations européennes ont entamé une révolution de l’ordre international. Horrifiées par les conséquences de la Machtpolitik qui a débouché sur deux guerres mondiales, convaincues désormais que les seuls rapports de force créent un monde instable et dangereux, elles se sont détournées de la puissance. Elles ont appliqué entre elles une approche fondée sur le droit. Les relations y sont pacifiées et coopératives, la guerre n’est plus une solution, les conflits sont résolus par la négociation, le compromis et, en cas d’échec, l’arbitrage d’un « tiers de confiance » (la Commission, la Cour de justice). Les nations européennes sont entrées, au sein de l’Union européenne, dans un monde « kantien » de « paix perpétuelle ». L’Europe essaie désormais de défendre ce modèle sur la scène internationale en encourageant le multilatéralisme, la primauté du droit international, la priorité accordée au règlement pacifique des différends dans le cadre des Nations-Unies.

    Cette approche aurait pu s’imposer dans le cadre d’un monde apaisé après la chute du mur de Berlin. Il n’en est rien. Le « renversement du monde » né des attentats du 11 septembre 2001 l’a rendue caduque. Adaptée aux relations intra-européennes, la vision « kantienne » ne le serait pas à l’échelle d’une communauté internationale qui reste à inventer. La persistance de régimes non-démocratiques dans le monde en développement, les violations fondamentales du droit international par les groupes terroristes, la logique de puissance défendue par certains des principaux acteurs de la scène internationale avec plus d’âpreté encore depuis la tragédie du 11 septembre rendent la voix de l’Europe difficilement audible lorsqu’elle s’élève pour défendre un multilatéralisme menacé.

    L’absence de régulation des relations internationales, combinée à l’approfondissement des inégalités entre le Nord et le Sud, aboutit aux désordres stratégiques actuels. Ces désordres, en particulier la montée du terrorisme islamiste, produisent des dégâts croissants et irréversibles. Au sein de nos sociétés : des vies humaines gâchées, une crispation de nos concitoyens autour de leur identité religieuse, la défiance entre les communautés, une remise en cause de nos valeurs d’ouverture et de tolérance… Et sur la scène internationale, où se met en place la spirale de la violence : la barbarie terroriste engendre les guerres « répressives », qui nourrissent elle-même le terrorisme. Solution désastreuse, le « choc des civilisations » prophétisé par Samuel Huntington est sur le point de se réaliser. Là encore, la logique de la réparation est inefficace : elle n’est pas en mesure de garantir la sécurité internationale.

La crise de l'action socialiste : nos leviers institutionnels s'affaiblissent

    Pour transformer la société, pour « changer la vie », il faut des leviers d’action. Le socialisme d’après-guerre s’est appuyé sur l’Etat. L’Etat a été utilisé massivement en France, tant au plan financier (mobilisation budgétaire) qu’au plan normatif (régulation du capitalisme).

    Ce n’est plus le cas aujourd’hui. D’abord, parce que l’Etat est affaibli. Ses capacités financières atteignent leurs limites. Son monopole dans la réforme de la société a entraîné sa contestation. Ses prérogatives ont été en partie démantelées - vers les collectivités locales, les autorités indépendantes, l’Union européenne. Elles ont aussi été encadrées, à travers la réglementation stricte du droit public : appels d’offre, contrôle préalable systématique...

    Le levier étatique est par ailleurs devenu moins pertinent. Les grands enjeux - économiques, sociaux, environnementaux - ont changé de dimension et s’inscrivent dans un horizon mondialisé. Face à ces enjeux, la territorialité étatique est moins opérante : quel intérêt, par exemple, de limiter les émissions de gaz à effet de serre en France si le reste de la planète pollue plus ? L’Etat-nation n’a pas la taille critique pour peser sur les affaires du monde.

    Depuis 1981, le socialisme s’est aussi appuyé sur les collectivités locales. La décentralisation a permis de renforcer ou de créer de nouveaux outils réformistes, pour l’action locale de proximité. Le succès est réel. Les Français en sont satisfaits : l’action municipale, notamment, échappe ainsi à une bonne part de la critique adressée à la démocratie nationale.

    Mais la multiplication des échelons locaux (communes, intercommunalités, départements, régions, structures de coopération…) a rendu difficilement lisible l’action décentralisée. Surtout, la fragmentation des compétences a entraîné retard, impuissance et dilution de la responsabilité. Ainsi, pour créer une crèche, il faut l’accord de pas moins de cinq administrations différentes - la municipalité qui choisit l’implantation, la caisse d’allocation familiale qui cofinance, le ministère des affaires sociales qui délivre l’agrément, la préfecture de police qui donne les autorisations de sécurité, les pompiers pour les questions d’incendie. Sur une ville comme Paris, il faut désormais plus de cinq ans pour sortir une crèche de terre...

La crise de la culture politique socialiste : notre capacité de réflexion s'amenuise

    Les partis perdent progressivement leur culture politique. Le parti socialiste n’en est malheureusement pas exempt. C’est un fait : notre parti a de plus en plus de mal à produire des idées. Le travail doctrinal y est, pour rester dans la litote, périphérique. Il y a quatre raisons principales à cela.

    La culture technocratique.
    Elle est l’apanage de tout parti de gouvernement. Elle est indispensable pour gouverner : n’en doutons pas, si nous sommes de meilleurs gestionnaires que la droite, nous le devons d’abord à la qualité de notre culture technocratique. Elle est moins efficace dans l’opposition, lorsqu’il ne s’agit plus de mettre en oeuvre des politiques mais de les inventer. Elle est stérilisante en période de rénovation intellectuelle, comme c’est le cas aujourd’hui, du fait de son incapacité à se mettre à la hauteur des enjeux historiques.

    La fermeture sociologique.
    Le milieu politique tourne en circuit fermé. Il n’est plus irrigué par la société civile - ni pas les intellectuels, ni par les syndicats, ni par le monde associatif.

    Les intellectuels ont déserté la politique. Sans doute ont-ils été en partie chassés par les technocrates. Mais beaucoup l’ont fui volontairement, dans une « trahison des clercs » à l’envers. La réflexion politique française était marquée par le clivage entre marxisme et capitalisme. Pour beaucoup, la chute du Mur a été perçue comme la victoire définitive du camp capitaliste, la fin de l’Histoire politique. Il est urgent que les intellectuels réinvestissement la réflexion politique.

    Les syndicats se sont éloignés des partis de gauche, au nom de l’indépendance syndicale. Résultat : un déficit d’expertise sur le monde de l’entreprise et les relations du travail.

    Les milieux associatifs n’entretiennent pas de rapports structurés avec nous. Cette situation est anormale. Le renouvellement des idées passe aussi par le terrain : il y a des initiatives locales novatrices, il faut être capable d’identifier ces réussites et de susciter leur généralisation. Nous ne sommes pas en mesure aujourd’hui de faire fructifier cette richesse de terrain.

    La tactique politicienne.
    Nous sommes un parti de gouvernement, nous avons comme ambition légitime la conquête du pouvoir. Or le phénomène de balancier électoral semble assurer la reconquête « automatique » du pouvoir. Dès lors, certains socialistes ont la tentation de rejeter toute aspérité, toute proposition clivante qui pourrait gêner le retour du balancier. Ceux-là ont moralement tort, car cette tentation est la négation même de la politique : nous ne voulons pas gouverner pour occuper des postes, mais pour être utiles aux Français. Ils ont tort, aussi, politiquement : les Français sont en quête de sens, ils veulent qu’on leur trace un chemin.

    La tentation démagogique.
    Surfer sur la vague médiatique, coller aux sondages, flatter les réactions instinctives de l’électorat - telles sont les sirènes cyniques auxquelles certains, pour gagner, pourraient être tentés de céder. La démocratie n’est pas éternelle : gardons-nous à gauche de faire le lit du populisme, comme Nicolas Sarkozy le fait à droite.

    La revalorisation des idées est un impératif catégorique. Pour les Français, mais aussi pour nous-mêmes. Car, libérée de la fidélité aux idées, notre éthique politique serait rapidement menacée.

3) Refonder l'identité socialiste

Un idéal inchangé : une société juste

    Nos objectifs de socialistes n’ont pas changé. Nous voulons une société juste. Cette société juste, elle se trouve, pour nous socialistes, dans la réconciliation entre deux principes que la tradition philosophique a opposés : la liberté (politique mais aussi économique, avec le marché) et la justice sociale (principalement la redistribution des richesses). Face aux libéraux qui défendaient le capitalisme contre la justice sociale, face aux communistes qui prônaient de rompre avec le capitalisme pour une société totalement égalitaire, le socialisme s’est construit autour d’une synthèse : la plus forte justice sociale, la plus grande égalité dans le respect du principe de liberté.

Des réponses fausses : le socialisme entre illusion protestataire et impuissance réformiste

    Pour atteindre cet objectif de justice sociale, nos débats sur le projet se heurtent aujourd’hui à la double impasse de la radicalité protestataire et du réformisme vide. Ces deux impasses se nourrissent mutuellement de manière stérile. Les insuffisances de notre action gouvernementale entraînent, une fois de retour dans l’opposition, des poussées radicales : « si nous avons perdu, c’est que nous n’avons pas été assez à gauche ». Les tenants de la ligne réformiste doivent dès lors livrer bataille pour empêcher une dérive protestataire du parti.

    Nous rejouons en permanence ce clivage entre radicalité et réformisme. Il n’a pas changé depuis le débat de principe entre Jules Guesde et Jean Jaurès sur l’introduction du salaire minimum : Jaurès l’approuve car c’est une réforme qui améliore le sort des travailleurs ; Guesde le rejette car cette amélioration éloigne la perspective de la révolution, et donc de la société idéale. Cette opposition se fait au détriment d’une réflexion de fond, sereine, profonde et courageuse sur le projet.

La refondation : vers le socialisme moderne, troisième étape du socialisme français

    Ce double écueil de notre réflexion politique s’explique simplement : notre matrice idéologique est épuisée. Il nous faut inventer une nouvelle étape de notre pensée politique. Car le socialisme n’est pas figé. Il s’est métamorphosé au gré des mutations du capitalisme et de la nécessité d’inventer sans cesse des instruments pour lutter contre les inégalités nouvelles que ces mutations produisaient – pour combattre, comme le disait Jaurès dans L’Armée nouvelle, « la fougue révolutionnaire du profit, sa mobilité ardente et brutale ».

    La première vague du socialisme a traversé tout le XIXème siècle. Dans les années 1830, le socialisme politique est né d’une révolte contre les conditions de vie misérables imposées par le capitalisme industriel. Il s’est structuré dans les années 1880-1890, sous l’influence du marxisme. Les revendications se sont concentrées au sein de l’entreprise, autour du droit du travail, d’un statut du salariat. C’est le temps des conflits sociaux les plus violents. Ce « socialisme de la production » a inventé le syndicalisme.

    La seconde vague du socialisme s’est formée au tournant des années 1930 et de la seconde guerre mondiale. Elle repose sur un sentiment fort : le statut professionnel est insuffisant à protéger les citoyens, car il laisse démunis les chômeurs, les malades, les personnes âgées. L’absence de toute protection sociale en dehors du salariat crée une insécurité extrême du travailleur, dont la survie économique dépend exclusivement de la conservation de son contrat de travail. Elle met en danger la société en période de crise économique, susceptible de jeter des millions de citoyens dans la misère. C’est pourquoi la génération du Front populaire, puis celle issue de la Résistance, n’eurent de cesse de relever le défi de l’extension de la protection sociale à l’ensemble de la population. C’est le « socialisme de la réparation », qui repose sur l’Etat-providence.

    Il nous faut désormais penser une troisième étape du socialisme, adaptée au monde contemporain, à ce nouveau capitalisme mondialisé. Il nous faut également de nouvelles pratiques pour le porter.
     
     
    II - LE SOCIALISME AU XXIème SIÉCLE :
    POUR UN RÉFORMISME RADICAL
     

    1) Les valeurs : le réformisme radical

    Un réformisme assumé : « changer la vie »

      Dans l’opposition qui traverse le parti entre réformistes et protestataires, nous nous situons, sans ambiguïté, dans le camp réformiste.

      Nous voulons « changer la vie », agir sur le réel. Nous pensons qu’améliorer concrètement la vie des Français est notre mission. Notre priorité c’est proposer, et non protester.

      Pour pouvoir « changer la vie », nous acceptons le pragmatisme, les contraintes du réel, le compromis. Nous considérons que tout ce qui améliore, même modestement, le sort des Français, surtout des plus défavorisés, doit être mis en oeuvre. Nous considérons que c’est conforter notre idéal que de progresser pas à pas sur le chemin qui y mène. Nous estimons à l’inverse que la logique du « tout ou rien » est contraire à notre cause, puisqu’elle se traduit systématiquement par le « rien ».

      Nous avons une conception de la démocratie. Pour nous, la démocratie consiste à guider le peuple par la conviction, pas à le suivre par la démagogie.

      Nous avons une conception de la politique. Pour nous, faire de la politique c’est dire ce que l’on va faire et faire ce que l’on a dit. Nous refusons d’abandonner une fois au gouvernement ce que l’on a promis dans l’opposition.

      Certains nous opposent que ce clivage est artificiel : « Vous exagérez, vous caricaturez ! Tous les socialistes sont réformistes : nous voulons tous transformer la société de manière démocratique ; plus aucun d’entre nous ne prône le grand soir ».

    Par tigrou
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Jeudi 4 mai 2006

Même source psinfo.net pour ce discours très mobilisateur du samedi matin. un bon tour de chauffe avant l'explosion militante lors de l'intervention de DSK en fin d'après-midi.

 

Le Parti socialiste est de retour
Congrès du Mans - 19 novembre 2005

Par Jean-Christophe Cambadélis, Député de Paris

Chers camarades, la France va mal, et la gauche n'est pas au mieux. La France va mal et la question n'est pas simplement, pas exclusivement, pas totalement sociale. La France vit une crise d'identité, et son modèle est miné, attaqué.

Les Français sont bridés par le libéralisme dans leur désir d'entreprendre, de créer, d'innover. Les Français sont relégués par l'explosion des inégalités. Où qu'ils se tournent, ils butent sur le mur du marché.

Dubitatifs sur l'amélioration de leur quotidien, mais aussi sur les lendemains qui changent, la France et les Français doutent, et le doute envahit toutes les sphères de la société, alors s'installe une forme de démocratie punitive où le ressentiment le dispute à l'amertume.

Jacques Chirac porte l'immense responsabilité de la dépression française, car il a trop promis et peu tenu. Il a promis de réduire la fracture sociale, il a imposé la fracture libérale, il a surfé sur l'insécurité, et elle vient aujourd'hui tout ruiner.

Quand on voit M. Barroso oser traiter la France comme il le fait, on se dit que, jamais, sous de Gaulle ou sous Mitterrand, on n'en serait arrivé là. Non M. Barroso, la France n'a pas besoin de votre chèque, mais la France a besoin d'une politique européenne antilibérale.

Les Français, peuple héroïque, audacieux, courageux, batailleur, est un peuple facile à troubler, disait déjà Gambetta. Et ne nous trompons pas, la France qui émerge des bruines de la crise n'est pas la France que nous aimons le mieux. Cette France-là a peur. Alors la conjoncture est redoutable, car les Français ont peur lorsqu'ils ne croient pas en leur avenir, lorsqu'ils doutent de la gauche, comme d'eux-mêmes.

Ils se jettent dans les bras d'un homme, grand ou petit qui a l'image de l'énergie, et le masque de l'ordre. Cet homme, nous le connaissons. Stefan Zweig, qui n'aimait pas les politiques, mais écrivait beaucoup sur eux disait : « Il y a deux ordres de politiciens, ceux qui pêchent en eau trouble, les plus nombreux, et puis ceux qui troublent l'eau pour pêcher. » Eh bien j'accuse Nicolas Sarkozy d'avoir troublé la France pour pêcher la présidentielle. Nous l'accusons d'avoir délibérément, consciemment, consciencieusement provoqué l'incident verbal qui a créé les conditions de l'explosion.

Nicolas Sarkozy sait ce que parler veut dire, il connaît le poids des mots, le choc des symboles. Il était informé de l'exaspération, du dénuement, de la désespérance des banlieues, il a voulu l'amalgame entre les minorités délinquantes et les banlieues déshérentes. Son but, c'est d'abord de ruiner l'image de son Premier ministre concurrent pour amener toute la droite sur son terrain : la sécurité. Puis il a demandé le couvre-feu comme on demande la confiance, et il ne va pas s'arrêter là, il va s'attaquer au Code de la nationalité. Il sait que le consensus national est fait sur le terrorisme et c'est tant mieux. Mais il va aller plus loin. Écoutez tous les revanchards de 1968, les aigres de 1981, écoutez-les jubiler autour du regroupement familial, de la matrice islamique des banlieues. Ils préparent le terrain à Nicolas Sarkozy.

Mes amis, nous n'avons pas repoussé en bloc Le Pen pour se faire refiler des bouts de sa position.

C'est une grande offensive d'une grande ampleur qui vient sous le couvert de la sécurité pour éviter la confrontation sociale. Mais le but, nous le connaissons. Nicolas Sarkozy l'a affirmé à sa façon, la remise en cause de notre modèle, de notre modèle social évidemment. Mais la République française, pour Nicolas Sarkozy, la République, c'est pour lui la liberté de s'enrichir. Pour lui, l'égalité est une servitude et la fraternité est celle des communautés. Il ne s'arrêtera pas en si bon chemin. Une fois installé aux commandes, ce sera pour lui l'occasion d'un tsunami libéral. Une espère de droite poutinienne est en train de naître. Il utilise les peurs légitimes pour obtenir un libéralisme illégitime.

En face, le peuple de gauche n'est qu'un agrégat des peuples désunis. Le syndrome du 21 avril n'est pas totalement dissipé. Pas simplement parce qu'il y aurait dans la tête une prétendue capitulation face au libéralisme. Pas totalement, parce que certains se complaisent dans la seule contestation, mais parce que le doute s'est insinué dans toute la gauche et dans la gauche elle-même.

Peut-on changer réellement l'ordre des choses ? Une gauche réaliste et durable est-elle possible ? Les Français ne boudent pas la gauche. Ils ne la voient pas venir, ils ne la voient pas tenir. Ils ne voient pas le chemin concret de la gauche vers une alternative. Ils ne voient que des mots, un déluge de mots. Voilà pourquoi notre projet est si important, un projet qui ne soit ni ce que fait la droite, ni ce que fit la gauche, un projet concret, socialiste, c'est-à-dire qui se fixe comme horizon la domestication écologique et sociale de l'économie de marché. Mais un projet qui invite à un vivre ensemble. Nous voulons défendre les nôtres, nous ne voulons pas du tout-marché, mais nous voulons une société, camarades.

Jaurès avait déjà, et depuis longtemps réglé le problème et le débat entre la défense de la classe ouvrière et de la République. Nous ne sommes pas des syndicalistes. Nous partageons leur combat et nous fêterons le centenaire de la charte d'Amiens.

Mais nous ne croyons pas depuis longtemps que la grève générale règle tout. Nous voulons transformer par la loi la société. Nous voulons une société juste qui rende notre modèle efficace.

Le projet est indispensable, mais il faut une gauche durable. La durabilité de l'action de la gauche est une question démocratique, et nous ne pouvons pas l'obtenir sans le rassemblement. Moi, je crois au rassemblement. Quels que furent nos débats, et je n'oublie rien, quels que furent nos désaccords, et ils sont toujours là, il faut travailler à surmonter les querelles subalternes pour se concentrer sur l'essentiel. Nous sommes ouverts tout en étant majoritaires.

Lorsque je lis que, somme toute, les divergences sont minimes maintenant, que la matrice socialiste est commune, j'ai envie de dire merci à la majorité du Parti. Lorsque j'entends à cette tribune, qu'il n'y a pas d'une part un socialisme d'accompagnement et de l'autre la vraie gauche, j'ai l'impression que la majorité du parti est passée par-là.

Lorsque je vois les sourires retenus, les embrassades de tribune, j'ai envie de vous dire la majorité du Parti, vous avez souffert, vous avez tenu bon, vous avez été patients, mais maintenant, vous tenez le bout. Vous êtes les commandeurs de l'union.

Maintenant que se sont dissipés les miasmes de la division, maintenant que les socialistes ont une orientation, un cap, que dis-je, une colonne vertébrale, de toute façon, quelles qu'en soient les formes, l'union est en marche, l'union est au rendez-vous du Mans, elle changera le PS, elle transformera la gauche. Elle nous permettra de dire au peuple de France qui nous regarde : le Parti socialiste est de retour.

 



Par tigrou
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Mardi 16 mai 2006

Le PS c'est notre maison commune. Au nom de son unité, j'ai été appelé à respecter des disciplines de parti voire de motion qui ne m'ont pas toujours enchanté.

J'ai soutenu sans faiblir le Premier secrétaire François Hollande pendant des années. Mais là c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

Après une synthèse du Mans plus articielle encore que la cote de popularité de certains, le camarade premier secrétaire et son entourage politico-familial voudrait faire main basse (avec ou sans son accord, on n'arrive plus bien à suivre) sur le PS et désigner sur tapis vert leur candidat(e) ?!!?

De qui se moque-t-on ?

La seule solution c'est le débat. Du débat ressortira in fine qui est le meilleur pour porter les couleurs socialistes (et redonner des couleurs au ps par la même occasion).

 

Pour moi pas de mystère c'est DSK !

 

 

Par tigrou
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Vendredi 19 mai 2006

Alors que la loi Sarkozy était votée hier par les députés UMP et que le groupe PS (DSK en tête) s'opposait, une absence était remarquée. Celle de Ségolène Royal qui non contente d'avoir toujours éviter de s'exprimer sur cette question, a carrément séché le vote !

Elle devait certainement être en train de prendre un café avec Bayrou. de toute façon c'est bien connu les étrangers ne votent pas. J'espère que les militants PS, associatifs et syndicalistes qui ont manifesté amedi contre la loi sarkozy de réforme du ceseda s'en souviendront en novembre !

Voici le détail du vote transmis par l'Assemblée nationale :

ANALYSE DU SCRUTIN N° 979 - Séance du 17 mai 2006

SCRUTIN PUBLIC SUR : l'ensemble du projet de loi relatif à l'immigration et
à l'intégration

Nombre de votants : 546
Nombre de suffrages exprimés : 531
Majorité absolue : 266
Pour l'adoption : 367
Contre : 164
L'Assemblée nationale a adopté

GROUPE : U.M.P (364)

POUR : 351

MM. Jean-Claude Abrioux, Bernard Accoyer, Manuel Aeschlimann, Alfred Almont,
Pierre Amouroux, Jean-Paul Anciaux, Philippe Auberger, Jean Auclair, Bertho
Audifax, Mme Martine Aurillac, MM. Patrick Balkany, Edouard Balladur, Jean
Bardet, Mmes Brigitte Barèges, Sylvia Bassot, MM. Patrick Beaudouin, Joël
Beaugendre, Jean-Claude Beaulieu, Jacques Bénisti, Jean-Louis Bernard, Marc
Bernier, André Berthol, Jean-Michel Bertrand, Jean-Yves Besselat, Gabriel
Biancheri, Jérôme Bignon, Jean-Marie Binetruy, Claude Birraux, Etienne
Blanc, Emile Blessig, Roland Blum, Jacques Bobe, Yves Boisseau, Marcel
Bonnot, René Bouin, Roger Boullonnois, Bruno Bourg-Broc, Mme Chantal
Bourragué, MM. Loïc Bouvard, Michel Bouvard, Mmes Josiane Boyce, Françoise
Branget, MM. Ghislain Bray, Victor Brial, Philippe Briand, Jacques Briat,
Mme Maryvonne Briot, M. Bernard Brochand, Mme Chantal Brunel, MM. Michel
Buillard, Yves Bur, Christian Cabal, Dominique Caillaud, François Calvet,
Bernard Carayon, Pierre Cardo, Antoine Carré, Gilles Carrez, Richard
Cazenave, Mme Joëlle Ceccaldi-Raynaud, MM. Jean-Yves Chamard, Hervé de
Charette, Jean-Paul Charié, Jean Charroppin, Jérôme Chartier, Roland
Chassain, Luc Chatel, Gérard Cherpion, Jean-François Chossy, Jean-Louis
Christ, Dino Cinieri, Philippe Cochet, Georges Colombier, Mme Geneviève
Colot, MM. François Cornut-Gentille, Alain Cortade, Louis Cosyns, René
Couanau, Edouard Courtial, Jean-Yves Cousin, Alain Cousin, Yves Coussain,
Jean-Michel Couve, Charles Cova, Paul-Henri Cugnenc, Olivier Dassault,
Marc-Philippe Daubresse, Bernard Debré, Jean-Claude Decagny, Christian
Decocq, Jean-Pierre Decool, Bernard Deflesselles, Lucien Degauchy, Francis
Delattre, Richard Dell'Agnola, Patrick Delnatte, Jean-Marie Demange, Yves
Deniaud, Bernard Depierre, Léonce Deprez,

Jean-Jacques Descamps, Patrick Devedjian, Eric Diard, Jean Diébold, Michel
Diefenbacher, Jacques Domergue, Jean-Pierre Door, Dominique Dord, Guy Drut,
Jean-Michel Dubernard, Philippe Dubourg, Gérard Dubrac, Jean-Pierre Dupont,
Nicolas Dupont-Aignan, Mme Marie-Hélène des Esgaulx, MM. Pierre-Louis
Fagniez, Francis Falala, Yannick Favennec, Georges Fenech, Philippe Feneuil,
Jean-Michel Ferrand, Alain Ferry, Daniel Fidelin, André Flajolet,
Jean-Claude Flory, Jean-Michel Fourgous, Marc Francina, Mme Arlette Franco,
MM. Pierre Frogier, Yves Fromion, Claude Gaillard, Mme Cécile Gallez, MM.
René Galy-Dejean, Daniel Gard, Jean-Paul Garraud, Daniel Garrigue, Claude
Gatignol, Jean de Gaulle, Jean-Jacques Gaultier, Guy Geoffroy, Alain Gest,
Jean-Marie Geveaux, Franck Gilard, Bruno Gilles, Georges Ginesta,
Charles-Ange Ginesy, Jean-Pierre Giran, Maurice Giro, Louis Giscard
d'Estaing, Claude Goasguen, Jacques Godfrain, François-Michel Gonnot,
Jean-Pierre Grand, Mme Claude Greff, MM. Jean Grenet, Gérard Grignon,
François Grosdidier, Mme Arlette Grosskost, M. Serge Grouard, Mme Pascale
Gruny, MM. Louis Guédon, Jean-Claude Guibal, Lucien Guichon, François
Guillaume, Jean-Jacques Guillet, Christophe Guilloteau, Gérard Hamel,
Emmanuel Hamelin, Joël Hart, Michel Heinrich, Pierre Hellier, Michel
Herbillon, Pierre Hériaud, Patrick Herr, Antoine Herth, Henri Houdouin,
Philippe Houillon, Jean-Yves Hugon, Sébastien Huyghe, Denis Jacquat, Edouard
Jacque, Christian Jeanjean, Yves Jego, Mme Maryse Joissains-Masini, MM. Marc
Joulaud, Alain Joyandet, Dominique Juillot, Didier Julia, Mansour Kamardine,
Aimé Kergueris, Christian Kert, Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, MM. Jacques
Kossowski, Patrick Labaune, Marc Laffineur, Jacques Lafleur, Mme Marguerite
Lamour, MM. Robert Lamy, Edouard Landrain, Pierre Lang, Pierre Lasbordes,
Thierry Lazaro, Mme Brigitte Le Brethon, MM. Robert Lecou, Jean-Marc
Lefranc, Marc Le Fur, Jacques Le Guen, Michel Lejeune, Pierre Lellouche,
Dominique Le Mèner, Jean-Claude Lemoine, Jacques Le Nay, Jean-Claude Lenoir,
Jean-Louis Léonard, Gérard Léonard, Jean Leonetti, Arnaud Lepercq, Pierre
Lequiller, Jean-Pierre Le Ridant, Céleste Lett, Mme Geneviève Levy, M.
Gérard Lorgeoux, Mme Gabrielle Louis-Carabin, MM. Lionnel Luca, Daniel Mach,
Richard Mallié, Thierry Mariani, Hervé Mariton, Mme Muriel
Marland-Militello, MM. Alain Marleix, Franck Marlin, Alain Marsaud, Jean
Marsaudon, Hugues Martin, Mme Henriette Martinez, MM. Patrice
Martin-Lalande, Philippe Armand Martin (51), Alain Marty, Jacques
Masdeu-Arus, Jean-Claude Mathis, Bernard Mazouaud, Pierre Méhaignerie,
Pascal Ménage, Christian Ménard, Gérard Menuel, Alain Merly, Denis Merville,
Damien Meslot, Gilbert Meyer, Pierre Micaux, Jean-Claude Mignon, Mme
Marie-Anne Montchamp, M. Pierre Morange, Mme Nadine Morano, MM. Pierre
Morel-A-L'Huissier, Jean-Marie Morisset, Georges Mothron, Etienne Mourrut,
Alain Moyne-Bressand, Jacques Myard, Jean-Marc Nesme, Jean-Pierre Nicolas,
Yves Nicolin, Hervé Novelli, Jean-Marc Nudant, Patrick Ollier, Dominique
Paillé, Mmes Bernardette Païx, Françoise de Panafieu, M. Robert Pandraud,
Mmes Béatrice Pavy, Valérie Pecresse, MM. Jacques Pélissard, Philippe
Pemezec, Pierre-André Périssol, Bernard Perrut, Christian Philip, Etienne
Pinte, Michel Piron, Serge Poignant, Mme Bérengère Poletti, M. Axel
Poniatowski, Mme Josette Pons, MM. Daniel Poulou, Bernard Pousset, Daniel
Prévost, Christophe Priou, Jean Proriol, Didier Quentin, Michel Raison, Mme
Marcelle Ramonet, MM. Eric Raoult, Jean-François Régère, Frédéric Reiss,
Jean-Luc Reitzer, Jacques Remiller, Marc Reymann, Dominique Richard, Mme
Juliana Rimane, MM. Jérôme Rivière, Jean Roatta, Camille de Rocca Serra,
Vincent Rolland, Jean-Marie Rolland, Serge Roques, Philippe Rouault,
Jean-Marc Roubaud, Michel Roumegoux, Max Roustan, Xavier de Roux, Martial
Saddier, Francis Saint-Léger, François Scellier, André Schneider, Bernard
Schreiner, Jean-Marie Sermier, Yves Simon, Jean-Pierre Soisson, Michel
Sordi, Frédéric Soulier, Daniel Spagnou, Alain Suguenot, Mmes Michèle
Tabarot, Hélène Tanguy, MM. Jean-Charles Taugourdeau, Guy Teissier, Michel
Terrot, Mme Irène Tharin, MM. Jean-Claude Thomas, Dominique Tian, Jean
Tiberi, Alfred Trassy-Paillogues, Georges Tron, Jean Ueberschlag, Léon
Vachet, Mme Liliane Vaginay, MM. Christian Vanneste, François Vannson, Alain
Venot, Mme Béatrice Vernaudon, MM. Jean-Sébastien Vialatte, René-Paul
Victoria, François-Xavier Villain, Philippe Vitel, Gérard Voisin, Michel
Voisin, Jean-Luc Warsmann, Laurent Wauquiez, Gérard Weber, Mme Marie-Jo
Zimmermann et M. Michel Zumkeller

NON-VOTANT(S): M. Jean-Louis Debré (Président de l'Assemblée nationale)

GROUPE : SOCIALISTE (150)

POUR : 2

MM. William Dumas et Jérôme Lambert

CONTRE :134

Mmes Patricia Adam, Sylvie Andrieux, MM. Jean-Marie Aubron, Jean-Marc
Ayrault, Jean-Paul Bacquet, Jean-Pierre Balligand, Gérard Bapt, Claude
Bartolone, Jacques Bascou, Christian Bataille, Jean-Claude Bateux,
Jean-Claude Beauchaud, Eric Besson, Jean-Louis Bianco, Jean-Pierre Blazy,
Serge Blisko, Patrick Bloche, Jean-Claude Bois, Daniel Boisserie, Maxime
Bono, Augustin Bonrepaux, Jean-Michel Boucheron, Pierre Bourguignon, Mme
Danielle Bousquet, MM. François Brottes, Jean-Christophe Cambadélis, Thierry
Carcenac, Christophe Caresche, Mme Martine Carrillon-Couvreur, MM. Laurent
Cathala, Jean-Paul Chanteguet, Michel Charzat, Alain Claeys, Mme
Marie-Françoise Clergeau, MM. Gilles Cocquempot, Pierre Cohen, Mmes Claude
Darciaux, Martine David, MM. Jean-Pierre Defontaine, Marcel Dehoux, Michel
Delebarre, Bernard Derosier, Michel Destot, Marc Dolez, François Dosé, René
Dosière, Julien Dray, Tony Dreyfus, Pierre Ducout, Jean-Pierre Dufau,
Jean-Louis Dumont, Jean-Paul Dupré, Yves Durand, Mme Odette Duriez, MM.
Henri Emmanuelli, Claude Evin, Laurent Fabius, Albert Facon, Jacques Floch,
Pierre Forgues, Michel Françaix, Mme Geneviève Gaillard, M. Jean Gaubert,
Mmes Nathalie Gautier, Catherine Génisson, MM. Paul Giacobbi, Joël Giraud,
Jean Glavany, Gaëtan Gorce, Alain Gouriou, Mmes Elisabeth Guigou, Paulette
Guinchard, M. David Habib, Mme Danièle Hoffman-Rispal, MM. François
Hollande, François Huwart, Jean-Louis Idiart, Mme Françoise Imbert, MM. Eric
Jalton, Serge Janquin, Armand Jung, Jean-Pierre Kucheida, Mme Conchita
Lacuey, MM. François Lamy, Jack Lang, Jean Launay, Jean-Yves Le Bouillonnec,
Mme Marylise Lebranchu, MM. Jean-Yves Le Déaut, Jean-Yves Le Drian, Michel
Lefait, Jean Le Garrec, Jean-Marie Le Guen, Patrick Lemasle, Mme Annick
Lepetit, MM. Bruno Le Roux, Jean-Claude Leroy, Mme Martine Lignières-Cassou,
MM. François Loncle, Bernard Madrelle, Louis-Joseph Manscour, Philippe
Martin (32), Didier Mathus, Jean Michel, Didier Migaud, Mme Hélène Mignon,
MM. Arnaud Montebourg, Henri Nayrou, Alain Néri, Mme Marie-Renée Oget, MM.
Michel Pajon, Christian Paul, Christophe Payet, Germinal Peiro, Jean-Claude
Perez, Mme Marie-Françoise Pérol-Dumont, MM. Paul Quilès, Simon Renucci, Mme
Chantal Robin-Rodrigo, MM. Alain Rodet, Bernard Roman, René Rouquet, Michel
Sainte-Marie, Henri Sicre, Dominique Strauss-Kahn, Mme Christiane Taubira,
MM. Philippe Tourtelier, Daniel Vaillant, André Vallini, Manuel Valls,
Michel Vergnier, Alain Vidalies, Jean-Claude Viollet et Philippe Vuilque

ABSTENTION: 1

M. Guy Lengagne

Par tigrou
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Jeudi 1 juin 2006

(c) Charb

 

Depuis la loi sur la sécurité au quotidien (LSQ), les délires sécuritaires de Julien Dray et de ses amis paralysent le PS et empêchent une ligne claire et ambitieuse sur les questions de sécurité.

On le sait, le sarkozysme soft de la direction du PS (en la personne de Delphine Batho et aujourd'hui de Ségolène Royal depuis son excursion en banlieue) ne ne mènera nulle part sauf peut être dans le mur version 21 avril 2002.

Les camarades (strausskistes) du Val-de-Marne ont organisé cette semaine un débat avec Mucchielli pour tordre le coup aux idées reçues matraquées par TF1 et l'UMP. Une initiative à reproduire partout et un boulevard pour défoncer Royal en section !

 

Le lien vers l'article du blog du 94

Par tigrou
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