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Lundi 13 novembre 2006

VOICI POURQUOI JE VOTERAI DSK

Par Bernard POIGNANT, Député européen (président de la délégation socialiste française au Parlement européen.

Ce texte a été publié sur son site

Pour représenter le Parti Socialiste à l’élection présidentielle de 2007, je souhaitais Lionel Jospin d’abord, François Hollande ensuite. A mes yeux, l’un et l’autre incarnent le point d’équilibre et du PS et de la gauche. Je n’ai ni l’un ni l’autre. Je dois donc choisir entre trois candidats qui n’ont pas ma préférence de départ. Je ne veux en effet ni m’abstenir, ni voter blanc. Alors sur quels critères se déterminer ?

 

Faut-il privilégier l’idée du renouvellement du personnel politique ? Les trois candidats ont été ministres des gouvernements de François Mitterrand et de Lionel Jospin. Ce ne sont pas des poussins d’un jour et ce critère ne me parait donc pas pertinent.

 

Faut-il penser « génération » et donc s’appuyer sur l’âge ? Je n’ai jamais cru que ce paramètre valait pour la Présidence de la République. De plus il faut un écart de 15 à 20 ans pour parler de génération différente. Or il n’y a que sept ans entre le plus âgé et la plus jeune. Voilà encore un argument qui tombe.

 

Faut-il faire intervenir le critère du sexe ? C’est le moins bon de tous. Si j’avais été anglais en 1979, j’aurais préféré un vieil homme travailliste à une jeune femme conservatrice du nom de Margaret Thatcher. De même il y a beaucoup d’hommes que je ne veux pas voir occuper la Présidence de la République Française. Je ne confonds pas la défense de la parité avec la pertinence d’une politique.

 

Faut-il privilégier l’expérience et la compétence ? A cet aune, ils en ont tous les trois mais à des degrés divers. Incontestablement Laurent Fabius est celui qui l’emporte sur ce plan : ancien directeur de cabinet de François Mitterrand, plusieurs fois ministre notamment de l’économie et des finances, Premier Ministre, Président de l’Assemblée Nationale, Premier Secrétaire du PS… il a la meilleure carte de visite. Chacun lui reconnaît la capacité à diriger l’Etat et à présider la France. J’ai avec lui un désaccord sur l’Europe issu de mai 2005 et je n’ai pas apprécié qu’il ne respecte pas le vote de notre référendum interne.

 

Faut-il privilégier l’implication dans le Parti Socialiste ? Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn tiennent bien la corde. Présents, actifs, positifs, ils sont alors à égalité. J’ai plutôt tendance à faire confiance à ceux qui osent défendre leurs positions dans les instances de mon parti. C’est une garantie pour l’avenir. De ce point de vue, Ségolène Royal ne s’est jamais placée en première ligne ni dans nos congrès, ni dans nos conventions, ni dans notre Conseil National, ni dans la commission du projet, ni dans le Bureau National qui l’a finalisé, ni même dans les grands débats du Parlement. Je sais les partis critiqués et même vilipendés, mais je sais aussi que la démocratie se porte mal quand on les ignore.

 

 

 

Faut-il choisir entre celui et celle qui colle le plus au contenu du projet socialiste ? Dans ce cas Laurent Fabius tient la palme, Dominique Strauss-Kahn vient en second et Ségolène Royal est loin derrière tant elle s’en écarte. Mais n’étant pas moi-même d’accord avec la totalité de ce qui y figure, ce critère mérite un peu d’indulgence.

 

Faut-il voter sur la ligne politique qu’offre chacun des candidats ? C’est ma préférence. Encore faut-il la décrypter.

 

Laurent Fabius me semble vouloir réitérer le chemin qui nous a conduit à 1981. C’est honorable mais les temps ne sont plus les mêmes. Il ne faut cependant pas rejeter toutes ses analyses comme son insistance répétée au rassemblement de la gauche, condition de la victoire, mais l’Europe nous sépare et je ne le choisis pas.

 

Ségolène Royal est plus difficile à situer. Des trois candidats elle incarne la victoire de 2004 aux élections régionales même si nous la devons d’abord à François Hollande . Mais elle me semble adopter un suivisme de l’opinion et laisse entendre que tout sera résolu dans un dialogue direct entre le peuple et elle. Et pour moi ce n’est pas l’ordre qui est source de justice, mais la justice qui permet l’ordre.

 

Dominique Strauss-Kahn a pris une position plus claire et plus prometteuse. Il se dit socialiste français, membre de la social-démocratie européenne même si j’ai une divergence avec lui sur l’ampleur de l’élargissement et les futures limites de l’Union européenne. Mais sa position politique me convient, même s’il aurait mieux fait de la donner au Congrès du Mans en novembre 2005. Il veut reprendre l’esprit de la victoire de Lionel Jospin en 1997 : « On promet ce l’on pourra tenir, on dit ce que l’on fait et l’on fait ce que l’on dit ». Ce n’est pas toujours possible car des évènements viennent parfois l’en empêcher. Je préfère cependant cet état d’esprit à tout autre. C’est pourquoi je lui apporterai ma voix le 16 novembre prochain dans la section de Quimper.

le 11/10/06

par tigrou publié dans : Blogosphère strausskiste
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