Mardi 13 décembre 2005 2 13 /12 /Déc /2005 09:51
Le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) était en congrès ce week-end à Paris.

Les 6 000 adhérents (revendiqués en période de congrès)  n'ont, eux, pas fait oeuvre de synthèse, après la large majorité emportée par Nouvelle Gauche (proche du NPS, 72 %), devant les partisans de Strauss-Kahn (15,5 %) et ceux de Hollande (12,5 %).
Par tigrou - Publié dans : jeunesavecdsk
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Lundi 12 décembre 2005 1 12 /12 /Déc /2005 09:41


Nous soussigné(e)s, Gilbert Annette (PS), Jean-Marc Ayrault (PS), Jean Michel Baylet (PRG), Olivier Besancenot (LCR), Patrick Braouezec (PCF), Marie George Buffet (PCF), Jean-Christophe Cambadelis (PS), François Hollande (PS), Bernard Kouchner (PS), Alain Krivine (LCR), Jean-Marie Le Guen (PS), Victorin Lurel (PS), Pierre Moscovici (PS), François Pupponi (PS), Dominique Strauss-Kahn (PS), Christiane Taubira (PRG), Dominique Voynet (les Verts), lançons une pétition pour obtenir l’abrogation de l’article 4 de la loi du 23 février 2005 rédigé comme suit :

« Les programmes de recherche universitaire accordent à l’histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu’elle mérite. Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit.
La coopération permettant la mise en relation des sources orales et écrites disponibles en France et à l’étranger est encouragée
».

Vous aussi signez cet appel :

http://www.abrogation.net

Par tigrou - Publié dans : Gauche
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Mercredi 7 décembre 2005 3 07 /12 /Déc /2005 12:04


Lionel Jospin appelle les socialistes, dans un entretien au quotidien économique Les Echos à paraître mercredi 6 décembre, à exercer "un devoir d’inventaire" sur son action pendant cinq ans à Matignon. Comme il l’avait lui-même pratiqué sur les années Mitterrand...

"Les responsables socialistes d’aujourd’hui ont à exercer leur droit d’inventaire sur nos années 1997-2002, comme je l’avais jadis fait sur nos années Mitterrand. Ce n’est pas seulement un droit. C’est un devoir. Avant de faire de nouvelles propositions, ils doivent savoir sur quoi s’appuyer, ce qu’ils doivent reprendre et ce qu’ils doivent changer", affirme M. Jospin.

A propos des 35 heures, l’ex-chef du gouvernement juge que "nous avons commis une erreur sur un point : nous n’aurions pas dû faire les 35 heures à l’hôpital, tant que le personnel nécessaire n’était pas recruté et formé. Pour le reste, les 35 heures ont constitué un compromis raisonnable".

S’il n’est "pas favorable au protectionnisme", M. Jospin estime qu’"il faut tempérer le libre échangisme". "La Chine, analyse-t-il, nous soumet à une compétitition sur les bas salaires d’une échelle sans précédent. Nous devons défendre nos intérêts. L’Europe doit préserver son propre marché intérieur car si elle devait se fondre dans une immense zone de libre échange, je ne vois pas très bien ce qu’il en resterait".

L’ex-dirigeant socialiste affirme aussi que pour sortir du "blocage" de l’Union européenne, il faut "trouver un compromis budgétaire pour la période 2007-2013". Cela passe "naturellement", réaffirme-t-il, par des concessions sur la PAC.

"La France est la première puissance agricole de l’Europe, ajoute M. Jospin. C’est à elle de donner le la. Proposons un nouveau modèle agricole. Faisons des concessions à condition d’obtenir, en contrepartie, des avancées sur le chèque britannique et sur les services publics. Cessons d’être sur la défensive ! (...)".

Revenant sur la crise des banlieues, l’ex-chef du gouvernement déclare que "le ministre de l’Intérieur peut bien soigner sa popularité en faisant des rodomontades, ce qui s’est passé pendant vingt jours a signé l’échec de sa politique de sécurité".

Selon M. Jospin, "il ne faut pas flatter les peurs", un avertissement qu’il adresse "à la droite sur la sécurité et à une partie de la gauche sur la mondialisation".

Par Cobra - Publié dans : Parti socialiste
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Mercredi 7 décembre 2005 3 07 /12 /Déc /2005 09:47
36 Mo quand même !

http://www.blogdsk.net/CongresduMans/DSK-congresdumans.wmv
Par tigrou - Publié dans : Discours et écrits
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Mercredi 7 décembre 2005 3 07 /12 /Déc /2005 09:44
Ecrit fondateur du socialisme du XXIème siècle, cette note de la fondation Jean Jaurès est une merveille : tout y passe startégie, orientation : une boîte à outils pour ceux qui s'interrogent sur l'avenir de la gauche.

http://fondatn7.alias.domicile.fr/bdd/doc/notes41.pdf


Par tigrou - Publié dans : Discours et écrits
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Mardi 6 décembre 2005 2 06 /12 /Déc /2005 16:12


Mes amis, mes camarades, ouvrons un autre chemin à la gauche, construisons une autre voie pour la France. Défendons un autre projet pour l’Europe. C’est cela la grande alternative. Alors, nous serons les dignes héritiers de ce parti qu’a fondé Jaurès, dont nous fêtons le centenaire, dont ce congrès est le 74e.

Mes amis, mes camarades, le défi aujourd’hui, pour tout socialiste, ce n’est pas simplement la révolte contre l’injustice. Mais c’est aussi, peut-être surtout, de se donner les moyens de rendre la France plus juste. Il faut que ce congrès soit utile. Comment être utile aux Français ? Comment être utile à ces ouvriers licenciés quand leur entreprise accumule des bénéfices ? Comment être utile à ces familles dont les fins de mois durent trois semaines ? Comment être utile à ces jeunes couples qui ne trouvent pas le moyen de se loger ? A ces retraités qui ont travaillé toute leur vie, et qui se retrouvent démunis ? Comment être utile à ces jeunes des banlieues qui sont d’ici, et qu’on veut renvoyer ailleurs ? A tous ces jeunes qui accumulent les handicaps ? A ces hommes, à ces femmes qui travaillent dur ou qui ne travaillent pas ? Qui souffrent et qui parfois le crient ?

Notre peuple nous le dit : il y a urgence. Oui, il y a urgence, mais cette urgence n’est pas policière, elle est économique et elle est sociale.

Ce que je veux vous dire est simple : nous, socialistes, nous entendons la souffrance. A nous, socialistes, d’imaginer les solutions, à nous socialistes de nous rassembler pour les mettre en œuvre.

Au-delà de nos différences qu’il faut respecter, au-delà de nos querelles qu’il faut dépasser, nous entendons tous la vigueur de l’interpellation du peuple de gauche. Il faut que nous répondions présents. Nous devons nous battre aujourd’hui pour un monde meilleur et pour que la France redevienne une référence et un modèle.

Aujourd’hui, la France est angoissée. Elle s’interroge sur son destin. Je veux qu’elle redevienne la France des Lumières qui a porté partout l’idée de liberté, je veux qu’elle redevienne cette France du combat pour l’égalité qui a construit la République, je veux qu’elle redevienne cette France de la fraternité qui a permis la réconciliation en Europe, après le chaos.

Oui, je veux qu’ensemble, nous retrouvions ce qui a fait la grandeur de notre pays, et que pour cela, à jamais, nous gardions à l’esprit que la France n’est grande que quand elle est juste.

Je mesure comme vous la force de l’attente des Français, je perçois la réalité, comme vous, de toutes les difficultés.

Je sais que nous ne devons pas décevoir et que nous avons le devoir de changer la vie de ceux qui souffrent le plus. Leur vie, c’est la précarisation. Alors, nous inventerons une nouvelle Sécurité sociale, celle des parcours professionnels.

Leur vie, ce sont les délocalisations. Alors, nous mobiliserons les moyens de l’État, et lorsqu’il le faut, nous imposerons des nationalisations temporaires. Leur vie, ce sont les salaires bloqués. Alors, nous convoquerons une conférence sur les revenus pour changer le partage entre les salaires et les profits. Leur vie, c’est l’inégalité des chances dès la naissance, alors nous fonderons un nouveau service public de la petite enfance, et nous dégagerons les moyens comme jamais, auparavant pour les concentrer sur les quartiers populaires là où il y en a le plus besoin.

Vous le voyez, nous avons les réponses concrètes aux problèmes concrets des Français. D’ailleurs, si on en doutait, il suffirait d’avoir écouté Jacques Chirac l’autre jour à la télévision qui reprenait sans le dire, et en les déformant, les propositions des socialistes, écoutez-le réclamer la police de proximité, alors que c’est lui qui l’a supprimée. Entendez-le, avancer vers le curriculum vitae anonyme, alors que c’est le Sénat de droite qui l’a repoussé quand nous le proposions.

Écoutez-le demander un vrai faux service civique alors que c’est sa majorité, à l’Assemblée, qui l’a repoussé quand nous le proposions. Imposture, si vous le voulez, le moment approche où nous mettrons fin à dix ans d’imposture politique.

Aux Français, nous ne proposons pas les lendemains qui chantent, mais le présent qui change. Nous ne voulons pas d’une gauche avec ses engagements flamboyants du dimanche et sa triste réalité du lundi. Nous ne voulons pas d’une gauche des paroles, mais d’une gauche des actes.

Parce que nous sommes socialistes, nous voulons transformer en profondeur la société. Nous voulons l’extension du domaine du possible. Nous voulons que, dans toutes nos décisions, dans tous les secteurs, nous dégagions des marges de manœuvre.

Nous ne promettons pas le changement en cent jours, nous promettons le changement dès le premier jour et le changement jusqu’au dernier jour.

Et d’ailleurs, qu’est-ce qui a fait le succès des trois premières années du gouvernement de Lionel Jospin, avec le retour de la croissance, avec les 35 heures, avec les emplois jeunes, avec la hausse de l’impôt sur la fortune, ou de l’impôt sur les sociétés ? C’est que d’emblée, nous avons montré que nous ne ferions pas la même chose que ce qu’avait fait la droite.

Et puis nous nous sommes essoufflés, le flambeau de la rénovation nous est tombé des mains, et le poison de la division a fait son chemin.

Alors il faut que nous reprenions ce flambeau ici maintenant dans des conditions différentes et qu’à nouveau, nous fassions vibrer le pays.

Dans la mondialisation, il nous faut reconstruire le compromis social. Qu’est-ce qui s’est passé depuis trente ans ? Les entreprises, dans toutes les régions, dans tous les secteurs, se sont considérablement modernisées, remodelées, restructurées, et la France aujourd’hui est beaucoup plus compétitive qu’elle ne l’était il y a trente ans. Mais qui a payé ? Les salariés. Que de dégâts en termes d’emploi, que de pannes dans l’ascenseur social, que de stress dans les nouvelles organisations du travail. L’équilibre français a été rompu. A nous de le reconstruire. D’ailleurs, c’est toujours à la gauche du Front populaire, au conseil national de la résistance, de l’union de la gauche à la gauche plurielle, c’est toujours à la gauche qu’il revient de mettre la France sur ses pieds. Aujourd’hui, c’est à vous.

Pour reconstruire ce compromis social, il nous faut protéger, promouvoir, prévoir, et ce triptyque ne nuit pas à la compétitivité.

Je partage avec Henri l’idée que les salaires ne sont pas une charge, mais une chance, que le social n’est pas un frein à la production, mais un facteur de production, que la lutte contre les inégalités n’est pas une entrave à la croissance, mais une condition de la confiance. Notre horizon, ce n’est pas le marché. Certes, le marché produit des richesses, mais il ne fait pas une société. Nous, nous voulons une société, un vivre ensemble, qui, en France, porte le beau nom de République, et qui s’incarne dans un modèle social.

C’est avec ce modèle social que la droite est en rupture, et c’est pour cela qu’il nous faut maintenant inventer le socialisme du XXIe siècle. Nos camarades du NPS n’ont pas tort, lorsqu’ils demandent la rénovation de nous outils. Oui, il faut rénover notre artillerie idéologique. On ne résoudra pas les problèmes d’aujourd’hui avec des propositions des années 80, sur des idées des années 70. Et donc moi aussi, j’en appelle au renouveau. Nos adversaires ne s’appellent pas Giscard d’Estaing ou Chaban-Delmas, mais Sarkozy et Villepin.

Ces deux-là d’ailleurs, contrairement à ce qu’on a pu dire, ne sont pas différents. Ils veulent tous les deux la rupture, l’un le dit, l’autre le cache, mais les deux le font. La réforme de l’impôt sur le revenu qui est aujourd’hui en cours, ce n’est pas comme le fait traditionnellement la droite, la baisse de l’impôt des plus riches, pas seulement, c’est la mise à mal de la progressivité qui est un élément de la République. C’est la mise en cause de cent ans de justice sociale. Alors, dès que nous le pourrons, nous reviendrons sur cette mesure.

Le contrat nouvelle embauche, ce n’est pas un contrat à durée indéterminée, c’est un contrat journalier. C’est la remise en cause de cent ans de conquêtes sociales, alors quand nous le pourrons, nous reviendrons sur cette mesure. J’étais l’autre jour à Pau, je rencontrais un jeune homme, il avait un enfant... J’ai rencontré le maire et j’ai rencontré un jeune homme. Ce jeune homme, il avait un enfant, il avait un diplôme, et il avait un contrat nouvelle embauche. Il me disait : le pire, ce n’est pas lorsque j’arrive au travail tous les matins, je me demande si le lendemain matin, je serai encore là, le pire, c’est quand j’ai voulu louer un appartement, lorsque j’ai voulu prendre un crédit pour acheter une voiture, on m’a dit : désolé, vous avez un contrat précaire, vous n’avez pas assez de garanties. Peut-être, si vos parents pouvaient se porter caution, mais ce n’était pas un gamin, il avait plus de 30 ans ! Et il me dit : vous qui êtes socialiste, trouvez-vous que c’est juste ? Eh bien, non, je lui dis que ce n’est pas juste. Cette généralisation de la précarisation à laquelle se livre ce gouvernement, oui, il faudra l’abroger. Je dis bien abroger, nous n’avons pas à être inquiets devant ce terme, même si nous ne pouvons pas nous en contenter.

Sarkozy et de Villepin veulent en finir avec notre modèle économique et social, mais pas seulement avec cela. Ce que révèle la crise des banlieues, ce n’est pas, comme certains l’ont dit, que la République n’est plus capable d’assumer son rôle, c’est que bien évidemment, la République n’est présente que si elle est dans les quartiers, si elle est là quand elle est faible, quand elle est absente, quand elle est bafouée, alors on ne peut pas s’attendre à ce que les résultats soient au rendez-vous. La politique que le gouvernement vient de mener depuis trois ans est de ce point de vue un vrai désastre.

La diminution des subventions aux associations, le recul des services publics, la suppression des emplois jeunes, la réduction de la prévention. Tout ceci fait que la République a déserté un certain nombre de territoires, que l’État y est devenu faible et que la droite, à partir de là, s’en remet au communautarisme pour régler les problèmes. Ce n’est pas notre modèle.

Alors, ce centenaire de la loi de 1905, je veux le dire haut et fort, la diversité culturelle, oui, le communautarisme, jamais !

Mes amis, mes camarades, face à la rupture que veut la droite, la gauche organise la résistance. C’est nécessaire et c’est légitime, mais ce n’est pas suffisant. Le choix ne peut pas être uniquement entre la liquidation et l’immobilisme, il nous faut une voie nouvelle, je l’ai appelée le développement solidaire.

Le développement, parce que la croissance n’est pas une fin, mais la croissance est importante. Elle porte en elle l’emploi et le pouvoir d’achat et c’est pourquoi il faut la soutenir par des politiques d’innovation, de recherche, de formation par l’intervention publique. Mais nous, socialistes, nous ne pouvons pas nous contenter de l’accumulation matérielle. Parce que nous sommes socialistes, nous savons la valeur de ce qui est non marchand, de l’éducation, de la santé, de la culture, de l’environnement. Produire plus, c’est faire avancer la croissance. Mais aider un enfant à apprendre à lire, aider un malade à se soigner, c’est faire avancer le développement.

C’est donc bien le développement qui est notre objectif. Mais le développement solidaire, solidaire d’abord en France dans la lutte contre les inégalités. Oui, j’y reviens, et j’y reviens encore, la lutte contre les inégalités est au cœur de notre bataille, bien sûr en aval comme la social-démocratie le fait depuis cinquante ans par la redistribution, pas moins étendue qu’aujourd’hui, mais plus efficace, mais surtout en amont, à la racine, là où les inégalités se créent dans l’école, dans le logement, et c’est dans ce sens que vont nos propositions d’un service public de la petite enfance, de la concentration du moyen sur les ZEP, ou d’une politique du logement véritable, qui assure la mixité sociale.

La solidarité aussi entre les générations. Le temps est révolu où les questions d’environnement faisaient partie pour les socialistes d’une annexe, d’un nota bene, d’un codicille à leur programme. Aujourd’hui, le développement durable est au cœur du projet qu’est le nôtre et au cœur de la planète que nous voulons laisser à nos enfants. Cela doit se décliner sur toutes nos politiques : la politique de l’énergie avec le soutien des énergies renouvelables, la politique des transports avec le ferroutage, les normes industrielles avec la condamnation des rejets dans l’atmosphère.

Solidarité en France, solidarité avec les générations qui suivent, solidarité avec les autres nations, et avant tout, avec les nations du sud, celles qui sont les moins avancées et qui sont le plus souvent en Afrique. J’ai adhéré comme beaucoup d’entre vous au Parti socialiste parce que j’avais la conviction qu’il fallait aider le Sud. Trente ans plus tard, cette conviction s’est muée en certitude qui ne voit l’apartheid économique que créent les marchés, qui ne voit que la vraie arme de destruction massive, c’est la faim, qui voit que ce cocktail est explosif et qu’il pave le chemin du fondamentalisme religieux.

Bush a tort. L’équilibre de la planète ne passe pas par la mise au pas des pauvres du Sud, il passe par la mise au pot des riches du Nord. Et c’est notre politique qui doit l’assurer.

L’Amérique conservatrice conduit une politique dangereuse. Seule l’Europe, avec la France à sa place, peut organiser un ordre mondial fondé sur la justice. Il faut pour cela que l’Europe sorte de l’ornière dans laquelle elle est empêtrée.

Je milite comme vous tous pour l’Europe politique parce qu’elle est trop peu démocratique et trop libérale. J’ai pensé, comme beaucoup, que le traité constitutionnel permettait d’avancer. Certains socialistes ont pensé que ce n’était pas le cas. Les Français ont tranché, il faut respecter ce vote et fournir un nouvel horizon à l’Europe fait maintenant partie du mandat de notre candidat à l’élection présidentielle. Parce que nous sommes revenus au problème initial, l’Europe est trop libérale, et je veux mettre fin à cette situation dans laquelle l’Europe est vécue comme un risque et non pas comme une chance, ce que d’ailleurs chaque jour, la commission Barroso ne fait qu’aggraver.

Mes camarades, chacun le sait, il n’y a pas de plan B. Mais nul ne l’ignore, il faut que nous en inventions un maintenant.

Je veux réconcilier la gauche et la France avec l’Europe que nous voulons, une Europe puissante avec une défense et une diplomatie, une Europe économique avec un budget, une recherche et une politique industrielle, une Europe sociale avec un revenu minimum, la reconnaissance des services publics et la charte des droits, et une Europe politique avec des institutions capables de porter la voix des peuples européens.

Ici sont rassemblés beaucoup d’hommes et de femmes de gauche des partis socialistes et socio-démocrates de l’Europe. A eux, je leur dis, à toi Poul, à toi Romano, à toi Pierro*, à toi Elio*, avec ce congrès, cette majorité, les socialistes français sont de retour. Alors, nous devons ensemble construire un deuxième souffle pour l’Europe.

Mes amis, je veux terminer avec le combat qui est devant nous. Les 18 mois qui viennent seront décisifs. La droite, qui a tous les pouvoirs, a échoué. Mais même si elle a échoué, elle peut encore gagner. Or, nous, nous devons gagner car les Français ont besoin de cette alternative. Cela sera difficile. En vous le disant, je pense à cette citation de Blum, dans son premier discours au retour de la déportation, il disait : « la tâche du PS est toujours difficile, il y a pour nous les difficultés de la faiblesse et les difficultés de la force. Il y a pour nous, les difficultés de l’opposition et les difficultés de la majorité. Dans cette vie de militant, n’espérez jamais trouver une tâche facile. » 60 ans plus tard, rien n’a changé, rien n’est donné, rien n’est acquis, rien n’est facile, et pourtant, nous devons gagner.

Nous pouvons gagner, à condition d’être fiers de ce que nous sommes, fiers de ce que nous avons fait, fiers de ce que nous voulons, en un mot, fiers d’être socialistes. Je ne supporte plus que l’on discute le droit du Parti socialiste d’être dans les manifestations.

Je n’accepte plus que l’un d’entre nous ou un autre puisse être chahuté, bousculé, c’est le parti tout entier qui, dans ce cas, est molesté. Je veux que plus jamais, on puisse se faire élire sous les couleurs du PS et ensuite le faire huer dans les meetings.

Mes amis, mes camarades, pour le Parti socialiste, je demande le respect. Et pour être respecté, il faut être exemplaire. On est respecté si on a des élus et des responsables aux couleurs de la France d’aujourd’hui. On est respecté si on respecte et on promeut les femmes. On est respecté si on respecte les militants. La démocratie militante, ce n’est pas une cage de fer pour enfermer les consciences, c’est une condition d’existence pour une organisation ; pour la nôtre, c’est la garantie de la cohésion et le préalable à tous les succès futurs. Mes camarades, nous gagnerons, et ce sont mes derniers mots, si nous avons une stratégie de rassemblement, un parti identifié, un parti qui combat, qui a une ligne, une volonté, des projets, des contours, un parti qui sait où il va avec humilité, mais avec clarté et avec détermination.

Après cette clarification-là, tout est possible. Nous débattrons avec tous nos partenaires, ceux qui veulent, le gouvernement du changement, projets contre projets, idées contre idées, pas pour imposer toutes les nôtres, mais encore moins pour se voir imporser toutes les autres. Il ne s’agira pas d’organiser des combinaisons d’appareil, il s’agira de mobiliser tout un peuple. Oui, il s’agira de construire une union populaire qui entraîne, qui gagne, qui transforme, mais qui dure.

Nous constatons tous l’émiettement de la gauche. Aujourd’hui, nous disons : cela suffit, ce congrès du Mans doit être le premier pas vers le rassemblement. Partout où nous le pouvons, défendons nos idées. Partout où on nous oppose des idées, débattons. Partout où c’est possible, rassemblons, rassemblons encore, rassemblons toujours. Le point de départ doit être le projet socialiste, mais le point d’arrivée, c’est l’union de toute la gauche sur un contrat durable.

Partons de nous pour aller vers les autres, pas l’inverse. C’est le projet qui commande les alliances, pas les alliances qui sont un projet.

J’ai confiance dans la démarche que nous avons initiée avec François, avec Martine, avec Bertrand, avec Jacques, avec tant d’autres, il y a une majorité dans ce congrès, tant mieux, elle est nette, c’est parfait. Mais la majorité ne peut pas oublier ce que portent les minorités. Alors travaillons ensemble tous sur notre projet.

Mes amis, mes camarades, ouvrons un autre chemin à la gauche, construisons une autre voie pour la France. Défendons un autre projet pour l’Europe. C’est cela la grande alternative. Alors, nous serons les dignes héritiers de ce parti qu’a fondé Jaurès, dont nous fêtons le centenaire, dont ce congrès est le 74e.

Mes amis, mes camarades, la gauche a besoin de nous. Debout les socialistes, la France a besoin de vous.

Par tigrou - Publié dans : Discours et écrits
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Mardi 6 décembre 2005 2 06 /12 /Déc /2005 16:01

Un nouveau logiciel pour le socialisme Tribune d’Olivier Ferrand, Laurent Baumel et Gilles Finchelstein.
Publié le 26 septembre 2005 dans Le Figaro

Pour Gilles Finchelstein, Laurent Baumel et Olivier Ferrand, la gauche est handicapée par une fracture doctrinale grandissante entre un pôle réformiste et un pôle antilibéral. Voilà le problème à résoudre pour construire le socialisme du XXIe siècle.

Le jugement, sans appel, semble déjà rendu : « Les socialistes n’ont pas d’idées. » Il y aurait bien une guerre des chefs, dans la perspective de l’élection présidentielle. Une guerre des mots, entre les tontons flingueurs du parti. Mais, pour les idées, ce serait plutôt la paix - la paix des cimetières. Et si c’était faux ? Chacun à sa place, depuis 2002, nous travaillons autour, notamment, de Dominique Strauss-Kahn, à la rénovation doctrinale de la gauche. Aujourd’hui, nous voyons le nouveau logiciel du socialisme se mettre en place.

La rénovation est un impératif. Car le message des Français, le 21 avril comme le 29 mai, a été limpide : « Vous ne répondez pas à nos problèmes. » Depuis trente ans, la France s’enfonce dans la crise et les gouvernements de droite comme de gauche - au-delà des succès remarquables de Lionel Jospin - ont été incapables de l’en sortir. La crise démocratique est avant tout une crise de l’impuissance politique.

Et si nous sommes impuissants, c’est que notre matrice intellectuelle s’est peu à peu épuisée. Nous vivons la fin du cycle idéologique du socialisme d’après-guerre, celui qui a porté l’Etat-providence. Notre logiciel y était fondé sur la réparation : laisser le capitalisme produire la richesse et corriger a posteriori les inégalités qu’il génère, à travers la redistribution de l’Etat-providence.

Ce logiciel ne fonctionne plus dans le monde émergent du XXIe siècle, marqué par les mutations du capitalisme, la mondialisation et la montée des nouveaux risques. Les dégâts générés par l’activité humaine y sont exponentiels. Ils peuvent de plus en plus difficilement être réparés. L’Etat-providence est débordé.

C’est vrai, avant tout, des dégâts sociaux. Face à un nouveau capitalisme financier bien plus violent que le capitalisme industriel d’après-guerre, l’Etat-providence ne parvient plus à endiguer la prolifération des inégalités. Inégalités de revenus : le rapport entre les 10% les plus modestes et les 10% les plus riches était de 1 à 8 en 1980, stable depuis les années 60 ; il est de 1 à 11 aujourd’hui, en augmentation rapide. Mais aussi inégalités socio-professionnelles : le statut collectif du salariat a volé en éclats. Inégalités générationnelles, avec la paupérisation des jeunes actifs. Inégalités territoriales, avec une ségrégation tripartite de la France entre centres-villes « gentrifiés » des familles aisées, no man’s land périurbain oublié des classes populaires et cités reléguées des exclus. Inégalités de destin, enfin : la volonté d’accomplissement personnel, nourrie par la démocratisation scolaire, fait l’objet d’une terrible déception : la probabilité qu’un enfant d’ouvrier devienne cadre est à son plus bas historique.

C’est vrai, aussi, des dégâts écologiques ou sanitaires. Le trou dans la couche d’ozone ne se résorbera pas avant cinquante ans, en dépit de l’arrêt de la production de CFC. Même si Kyoto était finalement respecté, les gaz à effet de serre déjà rejetés dans la biosphère rendent irréversibles le réchauffement climatique. Même constat pour les pandémies : si la grippe aviaire devait muter et se transmettre entre êtres humains, il y aurait des millions de morts. La réparation n’est plus possible.

Comment, dans ce nouveau monde, refonder un projet socialiste ? Nous conservons nos objectifs : une société prospère, égalitaire et durable. Mais nous devons penser un nouveau logiciel. La réparation reste au coeur de notre action : au moment où le capitalisme devient plus inégalitaire, l’effort redistributif de l’Etat-providence doit être accru.

Mais il faut ajouter un deuxième étage à la fusée : la prévention. Le socialisme ne doit plus seulement corriger a posteriori les désordres de l’activité humaine, il doit empêcher leur apparition. Pour cela, il doit les attaquer à la racine, là où ils se créent. Au sein du système productif, à travers la régulation du capitalisme. Changement majeur : face à un capitalisme mondialisé, le territoire de la régulation ne saurait demeurer national. Quel intérêt, par exemple, de limiter les émissions de gaz à effet de serre en France si le reste de la planète pollue plus ? En attendant la « démocratie-monde », l’Europe, seule, a la masse critique : elle doit être notre levier d’action dans la mondialisation. A cette aune, le traité constitutionnel restera un rendez-vous manqué avec l’histoire.

La prévention doit aussi s’exercer en amont du système productif, au sein de la société, pour éradiquer les inégalités de départ qui surdéterminent les destins individuels. Selon que l’on naît à Neuilly, Montreuil ou Vaulx-en-Velin, les jeux sont faits d’avance, les destins scellés. Pour briser cette fatalité, le socialisme doit changer de paradigme et passer de l’égalité formelle à l’égalité réelle des chances : « Donner plus à ceux qui ont moins », et concentrer les moyens publics sur ceux qui en ont le plus besoin. C’est le « socialisme de l’émancipation » : il vise à redonner à chacun la maîtrise de son destin. Il est porteur de réformes radicales.

Un exemple avec l’éducation. En fournissant les mêmes professeurs, les mêmes programmes, les mêmes cours pour tous, l’école ne permet pas de corriger les inégalités sociales de départ. Au contraire, elle risque de les légitimer. Pour les corriger, il faut concentrer les moyens pédagogiques sur les élèves en difficulté. Illustration : la création en CP d’un « professeur des écoles volant », non affecté, qui aurait pour mission de donner des cours supplémentaires aux enfants en difficulté d’apprentissage. Autre illustration : un renforcement massif des ZEP. Elles ne marchent pas en France du fait de leur saupoudrage : un enfant en ZEP bénéficie à peine de 7% de moyens supplémentaires par rapport à un enfant hors ZEP. Aux Pays-Bas, il dispose de 100% de moyens en plus !

Le socialisme n’est pas une doctrine figée dans le marbre de l’histoire. Confronté à une nouvelle phase du capitalisme, il cherche de nouveaux modes d’action, de nouveaux leviers. Se réfugier dans le socialisme d’hier est une impasse : cela nous condamne à la protestation - aux illusions de la radicalité dans l’opposition, à l’accompagnement compassionnel du libéralisme une fois au pouvoir. Nous devons inventer le socialisme de demain : le socialisme du XXIe siècle.

Par tigrou - Publié dans : Parti socialiste
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Mardi 6 décembre 2005 2 06 /12 /Déc /2005 15:57

Dominique Strauss-Kahn dans A vous de juger

L’émission présentée par Arlette Chabot sera sur France 2, jeudi 8 décembre à partir de 20h50.

La gauche est-elle prête à gouverner ?

Chaque mois à 20h50, autour d’un invité - dans un face-à-face ou sous la forme d’un grand débat d’actualité -, l’émission d’Arlette Chabot donne des clés pour comprendre et juger l’événement politique du mois, avec la possibilité pour les téléspectateurs d’intervenir en direct. Tel sera le thème de l’émission du 8 décembre.

en téléphonant avant et pendant l’émission au 08 90 71 02 22 (0,15 euro la minute) ou par SMS au 51515 (0,10 euro la minute + prix du sms).

Par tigrou - Publié dans : Médias
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Mardi 6 décembre 2005 2 06 /12 /Déc /2005 15:53
http://www.socialisme-et-democratie.net/ : le site de son courant, Socialisme et démocratie

http://www.blogdsk.net/ : le blog de DSK

http://www.sdjeunes.org : les jeunes de S&D

http://www.gauche-en-europe.org/ : le think tank de DSK, A gauche en Europe


Par tigrou - Publié dans : Blogosphère strausskiste
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Mardi 6 décembre 2005 2 06 /12 /Déc /2005 15:49
Bienvenue sur ce blog,

18 mois avant la présidentielle, nous avons décidé de nous regrouper entre jeunes de gauche pour apporter notre soutien à la vision de la gauche que porte Dominique Strauss-Kahn.

Nous espérons que vous apprécierez cet espace d'expression et que vous y trouverez l'inspiration pour soutenir notre candidat pour la présidence de la république.

A bientôt sur jeunesavecdsk


Publié dans : jeunesavecdsk
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